vendredi 21 novembre 2014

Les ados

Ils sont en vacances
chez eux
dans la vallée.
D'habitude
ils sont internes
en ville
et ne rentrent que le weekend.
Alors, ils râlent
parce que la vallée
"Côté ambiance, c'est pas vraiment ça".
Comme des ados à la campagne, quoi.
Mais eux
en plus
ils font le ménage à la maison
et sortiront après
quand tout sera terminé.
Et aussi
ils vont à la cocoteraie
le matin
à 7H.
Une fille avoue même un 3H et demi qui fait pouffer les autres de rire
Y'a toujours pire...
Bref
le matin
ils se font piquer par les moustiques
l'après-midi
ils s'ennuient.
Mouais.
Je ne vous dis pas les parties de volley endiablées
que j'ai captées
et les ribambelles de rire
de chants
et autres Tapatapa
qu'ils ont offerts à mon micro.
Ecoutez-les, dans "Instantanés du monde, à Hatiheu" (cliquez ici pour les entendre)
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 20 novembre 2014

Merci Karl

Je l'ai vu partout
cet ouvrage
sur l'archipel des Marquises.
En pages photocopiées
dans les tiroirs des artisans
épinglées au mur
lavées de soleil et de poussière
et là
encore
dans le petit musée
de la vallée d'Hatiheu
reproduit en couleur
en grand
en détails
en témoignage incontournable
d'une époque révolue.
Une banque d'images
de motifs
oubliés
utilisées aujourd'hui
sur le bois
la pierre
le papier
le corps.
Il s'appelle Karl von den Steinen
l'auteur de ces remarquables études
et ses bouquins
sont aujourd'hui
presqu'aussi introuvables
qu'un tiki en vallée.
D'où, les photocopies.
Ecoutez Yvonne l'évoquer, dans "Instantanés du monde, à Hatiheu" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 19 novembre 2014

Paparazzi

Elle est dans le musée
pardon
dans la "salle patrimoniale"
de Hatiheu
cette photo.
J'ai passé pas mal de temps
à éplucher
les mille infos
de ce lieu
à m'émerveiller
devant les objets
et du coup
Yvonne
qui m'accompagnait
s'est assise
sur une chaise en plastique
à l'entrée
m'enjoignant à prendre mon temps.
Mon regard
soudain sorti d'un monde lointain
où les hommes portaient parures d'oiseaux
et capes en cheveux de vieillards
s'est posé
simultanément
sur la photo
et la dame
assise
dans la même position.
Se peut-il?
Oui
oui
oui
dit Yvonne
en rougissant presque comme une adolescente
"C'est mon ancêtre. La dernière Reine de la vallée."
Mais chut
pas la peine de s'en vanter.
Ok
je ne l'ai pas dit
dans "Instantanés du monde à Hatiheu" (écoutez, en cliquant là, et vous verrez...)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 18 novembre 2014

Sous la plage...

On pourrait rester là
à écouter les palmes bruisser
à regarder les gamins
sur leur planche
voire
leur emprunter leur planche
pour voir.
Mais si vous vous asseyez
sur un banc posé là
devant la baie d'Hatiheu
vous aurez de fortes chances
de voir Yvonne
s'y asseoir avec vous.
Et vous raconter.
Ces deux sites

de chaque côté des ailes des montagnes
deux sites tabous
où se tiennent les tikis
montant sur les pirogues
et plongeant
pour indiquer aux pêcheurs
les bancs de poisson.
"Enfin, moi je l'ai pas vu, c'est mes grands-parents qui racontaient ça!"
Alors
la baie
prend
une profondeur
nouvelle.
Bien plus riche
que les arabesque
d'une planche
sur la vague.
Ecoutez ce que vous offre Yvonne cette semaine
dans "Instantanés du monde à Hatiheu" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Un supplément d'âme.
Photographie©Anne Bonneau

lundi 17 novembre 2014

Derrière elle

Que va-t-elle laisser
derrière elle
Yvonne?
Des cailloux!
Car Yvonne est ce genre de personne
qui s'insurge
quand elle voit
dans les musées occidentaux
des trucs
qui poussent
d'habitude
dans sa vallée.
Alors
Yvonne prend sa pioche
et son courage
pour garder
les cailloux
sur sa terre.
Comprenez
sa force de persuasion
pour faire fouiller des archéologues consciencieux
dans sa vallée d'Hatiheu
"Et tout ce qu'on trouve, ça reste ici!"
Histoire de rendre aux villageois
ce qui leur appartient
au fond.
Ecoutez Yvonne Katupa
et son amour du patrimoine
dans "Instantanés du monde à Hatiheu" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 14 novembre 2014

Tant qu'il y aura la mer

On n'en fait plus beaucoup
des pirogues
à Raivavae.
La voiture a pris le relais
ou alors
le vélo.
Mais enfin
si elles ne servent plus vraiment
en transport
de légumes
ou de matériaux
elles voguent encore
pour la pêche.
Et aussi
pour amener les touristes
sur le motu.
Le vieux Rahitiarii semble formel
"On fera toujours des pirogues à Raivavae!"
Des pirogues cousues
propres à cet îlot
et tandis qu'il m'explique
devant lui passent
des rameurs
qui s’entraînent
dans des pirogues
en fibres de verre.
Ecoutez-les, dans "Instantanés du monde, sur les routes de Raivavae" (cliquez ici pour entendre voguer les pirogues cousues)
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 13 novembre 2014

Hiro, mon héros

Est-ce parce qu'il vit juste au-dessous
du Mont Hiro?
Est-ce parce qu'il excelle
dans la fabrication de pirogues traditionnelles?
Est-ce parce que l'horizon est ce qu'il voit
dès que ses yeux s'ouvrent le matin?
Est-ce par goût des histoires?
Ou un peu de tout ça
qui fait que
monsieur Rahitiarii
a une passion
pour Hiro.
Et des rêves aussi.
De construire une pirogue
comme celle du héros.
Et des analyses
sur ses compatriotes
"De grands navigateurs les Raivavae, on peut dire ça"
encore aujourd'hui?
"Oui! on va même jusqu'en Suisse aujourd'hui! Bon, pas en pirogue, mais quand même! On a toujours le voyage dans le sang!"
Ecoutez-le dans "Instantanés du monde sur les routes de Raivavae" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau