vendredi 5 février 2016

Binat' du siècle dernier



Retour à Kalapet. Monsieur Coumarassamy n'a jamais cessé ses allers-retours entre la Réunion et l’Inde. Entre la dernière région du monde où il a enseigné, et le petit village où l’école a été pour lui une révélation. Une vision de ce qui se passe, de l’autre côté des rizières, au-delà du Golfe du Bengale dont les marées bercent son enfance. Dans les rues de Kalapet, Monsieur Coumarassamy porte la chemise claire et le vechti – le paréo des indiens du Sud. Un mouchoir plié en quatre ne le quitte jamais, au creux de la main. Chaleur et poussière. Mais Monsieur Coumarassamy revient toujours en Inde. L’attachement à la terre natale, aux cultures, peut-être à certaines valeurs… Au fil des années, comme de nombreux Français nés sur le territoire de Pondichéry, Monsieur Coumarassamy a dû, de gré ou de force, quitter son pays.
Juste au moment où l’Inde devenait une grande fille indépendante, Monsieur Coumarassamy lui, atteignait l’âge d’avoir envie de construire sa personnalité française, ailleurs.
"Instantanés du monde, à Kalapet", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Risque de dépendance

Il en faut
il en faut beaucoup
dès les premiers jours
de leur vraie vie
de femme.
Entendez
de femme
mariée.
Bon.
Il en faut
des saris
pour la noce
et avant
pour chacune des cérémonies
et après
pour rendre visite
et rendre compte
de son statut.
Il en faut des dizaines
de saris.
Bon.
Je dois vous prévenir
même pas mariée
même sans statut particulier
on a le droit
si si
d’en avoir
envie.
Car c’est comme ça
les saris.
Au début on se dit
ouais bon, un tissu
joli
c’est tout.
Mais quand on commence à en porter
à en choisir
la démesure prend vite
on les veut tous.
Ce qu’il y a de bien
c’est qu’on les porte sans fin
à tout âge
qu’on grossisse
maigrisse
vieillisse
ça va à tout le monde.
C’est une experte qui vous le dit
dans « Instantanés du monde à Moka » (cliquez ici et succombez à la foliedu sari…)
Photographie©Anne Bonneau


jeudi 4 février 2016

Histoire de terre, histoire d’amour


Dans son jardin d’épices, dans une vallée de Mahé, Micheline Georges vit heureuse.
Sur la terre de ses ancêtres, on respire la muscade ou la vanille.
Instantanés du monde se glisse à l’arrière de ce décor trop idyllique pour être vrai : Ici, même les parfums prennent une autre saveur : le patchouli utilisé pendant la guerre, le macis dans les bombes lacrymogènes… La véritable histoire du domaine des épices, par la bouche de sa propriétaire, n’a rien du conte de fée !
Histoire tumultueuse, abandons, efforts et sacrifices, pour un instant de paix au crépuscule.
Quand la terre vous tient…
Cannelle, sueur et cendres, un avant-goût du paradis ?
"Instantanés du monde, à Anse royale", à écouter à 13H30 sur la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau