mercredi 31 décembre 2014

Sylvestre, Jean et autres saints remarquables

C'est le début d'une nouvelle année
la Saint Jean
ici
à Goa.
Le début des moussons
qui annoncent les récoltes
et les ventres pleins
donc
c'est reparti.
Et pour fêter ça
on ne met pas le feu
mais on se jette à l'eau.
la tradition ici
c'est de sauter dans les puits. 
Haut lieu de la chrétienté ou pas
à Goa
la fête a pris aussi une allure plus païenne.

Mais histoire de garder un pied dans la tradition
une petite scénette est jouée en haut du pré 
l’histoire de St Jean Baptiste
vous savez, lorsqu’il tressaute de joie dans le ventre de sa mère 
quand celle-ci rencontre sa cousine, la Vierge Marie, 
qui vient lui annoncer qu’elle porte le petit Jésus. 
On dit, on dit
que c’est pour commémorer cette ivresse céleste 
qui a pris Jean Baptiste au proche contact de son célèbre cousin
que l’on saute aujourd’hui dans un puits. 
Une sorte de remake de St Jean Baptiste dans les eaux fœtales. 
Et comme on parle d’ivresse, 
ici, 
à Goa, 
c’est la tradition, 
pour la St Jean, on s’abreuve largement de féni, l’alcool de cajou. 
Ecoutez les "dévots" en parler
Photographie©Anne Bonneau

mardi 30 décembre 2014

Souriez, "On" vous regarde

Sourire
c'est le minimum
à Goa
quand on est en relation
avec Jésus.
A la messe
le corps participe
à la joie
de cette relation.
Sourire
d'accord
mais pas seulement.
Ouvrir grand les bras en entrant dans l'église
se prosterner
bien bas
comme un musulman en prière
front contre sol
se tordre les mains
(d’allégresse ou de désespoir? Allez savoir...)
Bref
faire vibrer son corps
aux émois de son âme
Ecoutez
c'est dans "Instantanés du monde à Saligao" (cliquez ici et allez à la messe, en Inde)
Photographie©Anne Bonneau

lundi 29 décembre 2014

Ces petits gestes automatiques

Ce n'est pas à cause de gamins facétieux
et autres farceurs
que ce panneau
a été apposé
sur le mur de l'église.
C'est juste qu'ici
en Inde
y'a pas plus automatique
que de sonner une cloche
quand on la croise
surtout
dans un lieu sacré.
Vous entrez dans un temple?
Doiiiiing, sonnez la cloche
pour prévenir les divinités
de votre visite.
Bon, dans les églises
même dans l'Etat de Goa
qui est vraiment
vraiment
vraiment Indien aujourd'hui
ça se fait pas.
D'où le panneau.
Et aussi
celui-ci
à l'intérieur :
"La communion n'est pas un prasad"
Entendez
tout le monde
n'est pas bienvenu
à l'autel.
pas comme dans les temples hindous
où l'on ne vous demande pas votre certificat
pour vous gaver de ladoo
sacré.
Ecoutez où en est la religion catholique
à Goa
dans "Instantanés du monde à Saligao" (cliquez ici vous entendrez)
Photographie©Anne Bonneau

samedi 27 décembre 2014

La tête du client

S'agit pas de se tromper
à Rurutu
porter un chapeau
qui ne vous sied pas.
Un chapeau large bord
si vous êtes mince
un petit bord
si vous êtes enrobé
(ou le contraire, j'avoue que je n'ai pas retenu...)
De toutes façons
on viendra vous le dire
tout de go.
Gisèle m'assure
que les femmes en parlent
à l’intéressée malhabile
de façon tout à fait
bienveillante.
Ah.
Car ici
savoir se vêtir
et se coiffer correctement
est le début
du respect
pour la petite communauté.
Chacune veille donc
à ce que le bon goût
l'harmonie
ne soit pas malmenée.
Tandis qu'elle me parle
Patia Vahiné coud un chapeau.
Avant d'avoir répondu à toutes mes questions
le chapeau finit sur ma tête.
Sur mesure.
De la bienveillance.
Ecoutez les nuances et raffinements
du bon usage d'un chapeau
sur l'île de Rurutu
dans "Instantanés du monde à Vitaria" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 26 décembre 2014

Le temps de l'abondance

"Il y a tout ici"
C'est ce que m'ont dit
tous les villageois des vallées
des îlots
les plus isolés
des hameaux
les plus dépeuplés.
On a tout.
Du travail?
Tant qu'on en veut! Et plus encore!
Ici aussi
à Vitaria
Patia Vahiné me l'a dit
"Il y a tant à faire! Il y a des cocotiers, des vacoas, des pandanus, des bananiers..."
Tout ce qu'il faut
qui donne de la fibre
nécessaire au tressage.
Et dans ses doigts
dans son imagination
des dizaines de tresses différentes
de motifs
de dessins
pour créer
tout ce qu'une dame
bien inspirée
et de bon goût
peut souhaiter
de beauté.
Ecoutez-les, louer leur abondance
dans "Instantanés du monde à Vitaria" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 24 décembre 2014

Causes toujours

Il y en a qui ne se séparent pas de leur téléphone portable
jamais
(si si, je vous assure, y'en a!!!)
ici, à Rurutu
on ne se sépare pas
de son ouvrage.
Sa tresse
son chapeau
on l'embarque
partout.
Maureen
qui vend des légumes au marché
l'emporte en attendant le chaland.
Si Patia Vahiné a une réunion
elle l'emporte
et écoute celui qui cause
en tressant.
Pas question de rester les mains immobiles.
Bon, ceci dit
Maureen passe de l'un à l'autre
son ouvrage
à son portable.
Qui va gagner, des deux?
à suivre,
dans les années à venir...
Ecoutez-les tresser, causer ( et même chanter!)
dans "Instantanés du monde, à Vitaria" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 23 décembre 2014

Chapeau de paille, paillasson, somnambule

Elles font tout ça
les Mamas de Rurutu
des chapeaux de paille
de pailles devrais-je dire
et de la crème de la paille
comme celle du cocotier
tressée sur des formes de bois.
Et des paillassons
enfin non
des nattes
qu'on pose par terre
ou qu'on garde précieusement
pour les montrer
lors des traditionnelles "visites"
deux fois l'an.
Et somnambules, elles le sont aussi?
Oui, presque
quand il s'agit d'honorer les commandes
elles ne comptent pas les heures
elles ne voient pas les nuits
la télé reste allumée
à leurs côtés
mais pas question de la regarder.
Le chapeau de paille est la priorité.
Ecoutez-les en parler
dans "Instantanés du monde à Vitaria" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

lundi 22 décembre 2014

Fibre de terre

Je suis arrivée chez Patia Vahiné sans prévenir
comme toujours souvent.
Un chien jaune à la chaîne m'a arrétée dans ma course
et un monsieur au joli chapeau
haut, avec une tresse de corde
a pris le relais du chien
un maillon
me menant
vers Patia Vahiné.
C'est sa dame
et elle est aux champs.
Alors le petit monsieur m'a fait asseoir sous la véranda
loin du chien
en attendant
d'aller quérir sa belle.
Patia Vahiné est arrivée
en essuyant ses mains sableuses
qui plantaient des salades
et m'a accordé la plus grande des attentions
et les plus beaux éclats de son rire.
Passant des salades à l'atelier
des coqs à l'Anne
avec une grande légèreté
et
disponibilité.
Ecoutez-la
dans "Instantanés du monde à Vitaria" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

samedi 20 décembre 2014

Tiki et tabou, fin

Ils sont en os
en bois
en corne.
Des vrais.
Ce sont des tikis
d'ici ou d'ailleurs
d'autrefois
ou des créations
aux allures de.
Sacrés?
Sara pouffe de rire
"Ah ben non, s'ils étaient sacrés, on ne pourrait pas les vendre!"
Manquerait plus que ça...
Ecoutez, la fin des tabous
dans "Instantanés du monde à Hapatoni" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 19 décembre 2014

De la beauté

Il n'y a pas de liaisons régulières
entre cette île
et le reste de l'archipel
le reste du monde.
Il n'y a pas d'avion
peu de bateaux.
épisodiques.
Alors les habitants de la vallée
louent parfois
ensemble
un bateau à moteur
pour aller faire quelques achats
à Atuona.
Il y a ici
ce que la nature offre
à qui veut bien la prendre.
Les villageois se servent
pour vivre
et vivre bien.
Pour manger, boire, se couvrir
et aussi
pour faire joli.
Habiller un pilier
de feuilles tressées.
Pas strictement nécessaire.
Mais si
peut-être bien, que si.
Ecoutez la vie quotidienne de la vallée
avec sa part de difficultés
balayées de la main
par les femmes
et sa part ( immense) de beauté
qu'elles créent
au quotidien.
c'est dans "Instantanés du monde à Hapatoni" ( cliquez ici pour les entendre en parler)
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 18 décembre 2014

Sur le fil

Oui on peut me montrer
si je veux voir
ça, c'est permis.
Oui on peut m'expliquer
si je ne comprends pas
c'est permis aussi.
Mais non
non non non
on ne va pas me faire une démonstration.
Parce que
c'est dimanche.
Alors.
ça me va.
Toutes les dames sont là
autour d'une brassée de fibres de coco
à moitié tressées
et pourtant
déjà magnifiques.
Elles ont tout le temps qu'il faut
pour me parler
non seulement de la confection
de cet article essentiel en ces contrées
mais de la place qu'il prend
dans les familles
et ce qu'il peut nouer.
Pas seulement les peaux des tambours.
Mais les mères et les filles
travaillant
à la même
ouvrage.
Ecoutez-les, dans "Instantanés du monde, à Hapatoni" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 17 décembre 2014

Entre, c'est ouvert!

Dans la vallée d'Hapatoni
le vent traverse les farés
fait voler les rideaux
transporte la musique
de la télé allumée
et les parfums
du repas du dimanche.
Il fait aussi danser les combinaisons de plongées
sur le fil
et les mots
d'un bord à l'autre
du chemin
traversant le village.
Cristina m'invite à déjeuner
c'est dimanche
et le repas
a des allures de banquet.
Mais sans alcool.
"Interdit d'en vendre dans notre vallée"
Par décision des villageois.
"Comme nos ancêtres  Enfin non, eux ils faisaient de l'alcool de coco. Nous, on sait plus faire. Même le café, on ne sait plus quand il faut aller le cueillir."
On a perdu des savoir-faire ici
mais
on en a recréé
beaucoup d'autres...
Ecoutez les villageoises en parler
dans "Instantanés du monde à Hapatoni" ( cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 16 décembre 2014

T'étais où?

"T'étais où?"
c'est l’accroche
du premier chapitre
du livre "Instantanés du monde"
C'est la question qu'on me pose habituellement
c'est la question que m'a posée
Dominique Roederer
pour son émission "Paris sur mer"
Oui bon, il a pas dit "t'étais où?" hein, on n'est pas devant la machine à café, on est en studio, quand même...
Bref
ça m'a fait tout drôle
qu'il s'installe dans "mon" studio
et prenne "mon" micro
et qu'en plus
il me pose
des questions
à moi!
Une sorte de déséquilibre
obligeant à avancer
qui m'a plongée illico
dans ces voyages entre Inde et Zanzibar
où vous m'avez suivie
Ecoutez!
c'est mené tambour coeur battant
ça donne franchement envie d'aller voir
ça s'appelle
"Ecoutez voir"
et c'est ici
y'a qu'à cliquer

Une liberté

Il leur faut quitter
leur éden
aux enfants
de la vallée d'Hapatoni.
Très tôt.
Trop tôt?
Là, en vacances
ils prennent le temps
de me raconter
le bonheur de vivre ici
comparé à la "grande ville" d'Atuona.
Car ici
leur vallée minuscule
est autrement plus grande.
A eux les chemins de brousse
la quête de fruits, de poissons, d'aventures
lâchés en toute liberté.
Leurs récits magnifiques de chasse à la murène
a des allures de paradis perdu
faisant naître une nostalgie
d'autres chemins de mon enfance.
La mienne était plus riche en gardons qu'en murènes
mais enfin
les tours de vélo
faisaient la même musique
quand
comme eux
on accrochait des petits bouts de cartons
frisant dans les rayons.
Ecoutez-les, plongez-vous, dans leur enfance, de liberté
dans "Instantanés du monde à Hapatoni" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau


lundi 15 décembre 2014

De quoi vit-on?

De quoi vit-on
lorsqu'on est
retiré
dans une vallée
des Marquises?
De la terre et des eaux.
Mais ici
à Hapatoni
on a décidé
aussi
de vivre
de ce que la nature
peut laisser
de déchets.
Des tibias des chevaux morts de soif
à la corde de coco
une fois la noix consommée.
D'os de trucs
d'arêtes de machins
de dents d'animaux morts
et de corne
et de peaux.
Le même genre de choses
précieuses
dont se sert
ce que l'on appelle
l'industrie du luxe.
Des matières rares
érigées
en objets d'art.
Ce qu'ailleurs
on néglige.
Ecoutez ces artisans
d'un autre luxe
dans "Instantanés du monde à Hapatoni" ( cliquez ici pour entendre l'émission) 
Photographie©Anne Bonneau

dimanche 14 décembre 2014

Le temps de vivre

Janine ne me parle que de son travail
de tout ce qu'on peut faire
ici
dès que l'on s’intéresse
de près
aux richesses de la nature.
De ce que l'on peut trouver
transformer
magnifier
ma parole
elle n'arrête jamais!
Janine éclate de rire.
"Mais si, il nous faut du temps pour se relaxer le corps quand même!"
Et prendre soin des autres
comme ces dames
qui ronronnaient de joie
et d'encouragements
en baignant leur cochon
dans le lagon.
La vie, quoi.
Ecoutez-les dans "Instantanés du monde à Raivavae" (cliquez ici pour entendre les dames, le cochon et le lagon!)
Photographie©Anne Bonneau

samedi 13 décembre 2014

La couleur de ma terre

On le sait ici
que les teintures naturelles
vont beaucoup mieux au teint.
On sait
comment teindre
la fibre
en jaune-gingembre
brun-filaos
mauve-bananier.
Toutes ces connaissances
des végétaux tinctoriaux
se transmettent
de génération en génération.
Bon
mais là
les nouvelles générations
boudent l'île
et ses couleurs.
Perdu le brun écorce de filaos?
Le mauve tronc de bananier?
Il reste encore des irréductibles teinturiers
je les ai rencontrés
écoutez-les dans "Instantanés du monde à Raivavae" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 12 décembre 2014

De l'or, de l'or!

ça, de l'or?
Ces coquillages minuscules et même pas impressionnants?
Voilà
qui en dit long
sur nos façons de voir
les choses
le monde
la vie.
Car ici
à Raivavae
le Pupu est de l'or.
Un or amassé grain à grain
trié dans le sable
où il s'enfouit
et lavé
percé
teinté
enfilé
en des dentelles de colliers
qui portent tout l'espoir du monde
de voir revenir l'être aimé
que l'on couronne ainsi.
De l'or.
Oui.
Ecoutez les Mama en parler, dans "Instantanés du monde à Raivavae" (cliquez ici pour entendre l’émission)
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 11 décembre 2014

Accord terre-mer

Y'a deux façons de vivre ici.
Aller pêcher
ou cultiver.
En vérité en vérité
il n'y a pas de ou
mais un et.
Pêcher et cultiver.
Un petit accord terre-mer
comme disent les menus de restaurants chics.
Comme ici
dans le lagon de Raivavae.
Des bananes mises à mûrir dans le lagon.
Un truc genre agneau de prés salés?
Que nenni
juste la solution
pour que les rats
ne bouffent pas les bananes.
Ecoutez la vie de là-bas
dans "Instantanés du monde à Raivavae" (cliquez ici pour entrer dans la vie des Raivavae)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 10 décembre 2014

La fibre artistique

"On a tout ici!"
C'est ce que m'ont dit la plupart des insulaires
que j'ai croisés dans le Pacifique.
Tout sous la main
suffit de
suffit de
oui
suffit de
savoir voir, comprendre, faire.
Tenez par exemple
cette fibre-là
ne se trouve pas sous le pied d'un cheval
- cheval qui se fait rare à Raivavae...-
mais bien entre l'écorce et le tronc.
Suffit de suffit de suffit de
détacher l'écorce
la faire tremper des semaines dans la rivière
avant d'obtenir
ces rubans lisses
prêts à colorer.
Ah oui ça prend du temps.
Mais comme on vous dit
"On a tout ici"
Tout
inclut aussi
le temps.
Ecoutez-le passer dans "Instantanés du monde à Raivavae" (cliquez ici pour entendre le temps, et les gens...)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 9 décembre 2014

Mère-fille

Elle ne quitte pas sa maman d'une plante de pied
et rit à gorge déployée
quand il s'agit de donner un coup de main
pour laver les coquillages.
Secouer des bouteilles
telles des maracas
ça
c'est drôle.
( surtout quand il y a une Anne Bonneau qui se réjouit de cette petite musique impromptue...)
Janine est ravie
toute à sa conscience
de la transmission.
Un savoir
que les ancêtres leur ont transmis
et qu'elle tente
elle aussi
d'offrir comme panoplie
aux insulaires vivant ici.
"Tellement de choses se sont déjà envolées!"
Ecoutez-la se réjouir
écoutez-la en rire
dans "Instantanés du monde à Raivavae" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

lundi 8 décembre 2014

Vue d'ici

Voilà, c'est ça
leur vue
à Janine et Calixte.
Leur vue du quotidien
du soir au matin.
Et pourtant
sur six enfants
quatre ont déjà filé
ailleurs
et rêvent
de gris.
Pourtant elle ne cesse de le dire
Janine
"La vie, elle est ici!"
On la croit.
Pas celle de ses enfants.
Vous trouvez ça triste?
Normal?
Ecoutez, une tranche de vie
ici
avec cette vue

et vous comprendrez pourquoi
la vie
peut aussi
ne pas être là
c'est selon.
Et c'est dans "Instantanés du monde à Raivavae" ( cliquez ici pour entendre l’émission et comprendre ce billet un tantinet obscur nonobstant ces bleus cristallins....)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 5 décembre 2014

Cette photo, dans ma tête, cet air, sur mes lèvres

Les Marquises
ne me quittent pas.
Des semaines que je suis partie là-bas
et que je vous distille
précieusement
ma récolte de sons.
Et bien sûr
Jacques
et ses Marquises
sont avec moi.
André Lec'Andbrazh
que vous découvrirez dans "Instantanés du monde sur les crêtes d'Atuona" ( cliquez ici, vous entendrez)
ne tarit pas d'éloges sur cette chanson de Brel.
"Rien à dire, c'est parfait, il a trouvé les mots justes"
et de se lancer dans une exégèse de la chanson
et des rapports de sons
de lumières
et de modes de vie.
Regardez cette photo
de Manu Magueresse
là, cliquezhttp://manumagueresse.zenfolio.com/p370829805/h5eb48c92#h5eb48c92
Je trouve qu'elle fait le pont
entre les Marquises
de Brel
celles de Gauguin
et les vraies
d'aujourd'hui.
" Rien à dire, c'est parfait, il a trouvé le juste moment".

jeudi 4 décembre 2014

J'aime pas Gauguin

Moi si
j'aime Gauguin
mais André
pas vraiment.
Ah bon?
Pourtant  dans son atelier
André copie des Gauguin
pour le musée
d'Atuona.
Et quand il apprend
que je ne suis même pas allée
voir sa tombe
alors là
il m'embarque illico au cimetière
qu'il fasse à moitié nuit
ou pas.
En montant
il râle
sur tout ce qu'il n'aime pas
ici
et je me dis tient
il est bien Français
ce peintre Franco-Norvégien.
Mais sitôt sur la tombe
le voilà transfiguré
racontant le peintre
avec délice
et assaisonnant au passage
ceux
qui ne l'aimaient pas
ici
de son vivant.
Sur la tombe
il y a un petit galet
peint en blanc
avec un coeur rouge.
Tient
quelqu'un
qui aime Gauguin?
Ecoutez-le, dans "Instantanés du monde sur les crêtes d'Atuona" (cliquez ici pour entendre l'histoire d'André, de Paul et autres artistes du cru) 
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 3 décembre 2014

Jacques, André, Paul et les autres

Ils viennent ici
sur la tombe de Jacques Brel
et laissent des mots doux
écrits sur des cailloux.
Certains rêvent de voir ça
mais c'est loin
les Marquises
alors...
Alors un jour
le facteur a posé
entre les galets
pleins de mercis
une lettre
adressée
à Jacques Brel
cimetière d'Atuona
Hiva Oa
Marquises.
Ecoutez-les parler de Jacques, mais aussi de Paul
dans "Instantanés du monde sur les crêtes d'Hiva Oa" ( cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 2 décembre 2014

Ligne de crête

On m'avait dit
"facile
tu le trouveras
André
il habite la grande maison
sur la ligne de crête."
Tu suis la ligne de crête
au bout
il est là.
Ah.
Incroyable ce qu'on perd
comme notion de volume
quand on vit
dans le plat pays
ou dans son petit frère.
Vous pouvez me dire
"troisième à droite après la pharmacie
au quatrième rond-point
après le passage piéton
et avant le deuxième feu rouge"
je trouve
facile.
Suivre la ligne de crête
sur une route
en arêtes de poissons
qui s'enfoncent en vallées
ou grimpe
vers d'autres monts
eh ben voilà
encore perdue.
J'ai fini par trouver
il faisait presque nuit
j'ai apprécié
la profondeur des bleus
sombres
comme sur les toiles
d'André.
Ecoutez-le, entouré des premiers grillons du soir
dans "Instantanés du monde, sur les crêtes (forcément!) d'Atuona" ( cliquez ici pour entendre cette rencontre vespérale)
Photographie©Anne Bonneau


lundi 1 décembre 2014

Ils parlent de la mort comme tu parles d'un fruit

Ils ne pensent qu'à ça
sitôt débarqués sur les berges d'Hiva Oa
de la mort
qui habite cette île.
Oh, pas de celle des milliers de Marquisiens
passés de vie à trépas
avec leur arrivée
enfin
l'arrivée
d'autres Occidentaux
sur leurs bateaux
mais bien de celle
du Grand Jacques
à qui j'emprunte
le titre
de ce billet.
Enterré là
sur les crêtes
d'Atuona
au vieux cimetière.
Alors bien-sûr
ils me demandent
les Marquisiens
"t'es allée le voir?"
Ben non.
Pas très causant
pour un "Instantané"
un gars dans sa tombe
aussi
génial
soit-il.
Eh ben si
finalement
j'y suis allée
parce qu'André m'y a traînée.
Entendre un artiste parler de la mort
ça vaut toujours la peine
finalement
Ecoutez-le, dans "Instantanés du monde, sur les crêtes d'Atuona" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

dimanche 30 novembre 2014

Aux instru, citoyens!

L'air de rien
de cours en cours
d'heures de frappe
en heures de pincements
de toere
en ukulélé
la petite équipe de chez Avril
tout âge confondu
forme une sorte
de groupe.
Une famille?
Presque.
Les enfants avouent que
"ça fait pas peur de jouer ici"
Même si les autres vous regardent.
Mais quand il faut jouer dehors
alors là
" on a honte! le coeur fait tum tum tum!"
Ils jouent pourtant
appelés par le maire
quand on lève les couleurs
et au 14 juillet aussi.
Tum tum tum
comme un toere.
On l'a tous vécu, non?
Ecoutez-les dans "Instantanés du monde, à Hauti" (cliquez ici pour entendre les confidences de ces apprentis musiciens)
Photographie©Anne Bonneau

samedi 29 novembre 2014

Traditionnel, disent-ils

C'était pour éviter de les perdre
ces mélodies
ces sons
ces chants
qu'Avril a décidé
de les ouvrir
aux enfants.
De proposer
de se replonger
dans les instruments d'antan.
Même si c'est un antan jeune
comme le ukulélé.
L'important c'était d'alpaguer les enfants
avec des fakete
ou des pahu en plastique
s'il le faut.
Au coeur de la répétition
Avril a tout de même inséré
un petit essai
de percu
sur galets.
Des galets tout simples
trouvés dans la cour.
Pas sophistiqués pour un sou
mais très efficaces...
Ecoutez-les
dans "instantanés du monde à Hauti" (cliquez ici pour entendre les galets, les fakete, les pahu et les ukulélé...)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 28 novembre 2014

Sans les mots

Il y a bien quelques traits
quelques points
quelques ponts
quelques TA RA
écrits sur le tableau noir.
Mais pas un mot
dans ce cours de toere.
Tout passe
par les yeux.
L'observation
des plus grands.
Les petits dérapent
s'accrochent aux rythmes
au TA RA
et aux yeux du prof.
Et ça joue.
concentrés
sans sourire
"On peut pas rire!
Si, quand on se trompe, on rit, quand même!"
Ecoutez ces petits passionnés
du toere
dans "Instantanés du monde à Hauti" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 27 novembre 2014

Pour de vrai!

Je suis arrivée en retard
à la répétition
ils étaient tous déjà là.
Contents de me voir
pas moins que moi!
Je me suis faite toute petite
enfin
j'ai essayé
et je les ai laissés jouer.
Mais bon
je croyais que c'était une répétition
ça prenait plutôt des allures de concert
pas du tout le genre de couac
et autres hésitations
d'une répèt normale.
Je me suis demandé
s'ils ne s'étaient pas entraînés avant
deux heures durant
juste
pour m'impressionner.
J'ai insisté un peu auprès d'Avril
pour entendre les débutants
"mais ils sont tous débutants!"
Ah d'accord.
Et ces débutants-là
en 24 secondes nagra en main
ils comprennent tout de suite
et jouent
comme s'ils avaient fait ça
depuis toujours.
ça énerve un peu
quand on est un débutant
laborieux... (comme moi...)
Ecoutez-les, non mais écoutez-les
dans "Instantanés du monde à Hauti" (cliquez ici pour les entendre)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 26 novembre 2014

Tu seras musicienne, mon fils

Elle parle
elle parle
qu'est ce qu'elle parle
Avril
dans sa voiture de la poste.
Elle alpague les gens
leur tend les lettres
sort
bondit de sa voiture
et remonte
roule
et murmure aussi
"Ce que j'aime, moi, c'est la musique"
et monte le son.
Je le baisse
pas terrible pour l'interview.
Elle parle
elle parle
et dit des trucs
parfois
étranges
comme
"même si t'es une femme, tu peux chanter, ici, hein"
C'est vrai
et jouer de la musique aussi
d'ailleurs
il y avait même cette petite
dans le cours de toere
au milieu des garçons.
Ouf.
Ecoutez-là, dans "Instantanés du monde à Hauti" (cliquez ici pour les entendre, toutes, chanter, et jouer)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 25 novembre 2014

Pause déjeuner, pause ukulélé

Elle n'hésite à oublier
sa pause-déjeuner
Avril
pour aller jouer
du ukulélé.
Elle pourrait
elle pourrait
l'embarquer avec elle
dans son 4X4 de la poste
qu'elle fait tourner
chaque jour
autour de l'île
telle une Marilyn
en virée.
Parce que son Amérique
c'est ça
à Avril
la musique.
Un passe-temps
qu'elle dit.
je dirais
un dévore-temps
à la voir
jouer
composer
enseigner.
Ecoutez-là, dans "Instantanés du monde à Hauti" (cliquez ici pour l'entendre jouer)
Photographie©Anne Bonneau

lundi 24 novembre 2014

Vous êtes dedans!


Vous êtes dedans.
Vous êtes passés,
vous avez entendu,
vous avez été touchés,
étonnés,
interpelés
vous m’avez donné vos mots,
vos idées,
vos histoires,
votre vie,
vos envies,
vos interrogations
dans les « Instantanés du monde ».
Et aujourd’hui, figurez-vous
que les Instantanés vont plus loin!
Ils s’écoutent toujours, mais se lisent aussi, se regardent, 
se feuillettent puisque voilà
" Instantanés du monde "  parait en livre !
Et vous êtes dedans.
Vos vies, vos témoignages,
mais aussi votre pays,
votre curiosité,
votre intérêt pour l’autre,
pour hier,
pour l’ailleurs.

Je suis ravie de vous convier à ce petit bout de voyage avec nous, 
de l’Inde du Sud à Zanzibar
30 « pays »,
des photos,
des sons à traverser,
à picorer,
à dévorer.
Ne manquent que les parfums.
Mais ça, vous saurez les imaginer…

Instantanés du monde, le livre, est sorti le 20 novembre en librairies.
En savoir plus ? 
En lire un morceau ? 
Avant tout le monde (oui, même avant tout le monde c’est possible !!!) 
En écouter un bout ? 
Le faire connaître ? 
Le partager ?

Faire chanter

Elles se pressent
sitôt la cloche sonnée
vers le temple
où là
elles pourront
chanter.
Il faut les suivre
se plonger dans le culte
en langue Rurutu
et se laisser porter
par des polyphonies
que l'on ne peut saisir
qui semblent ne jamais
vouloir
s'arrêter.
Plus complexes
plus raffinées
qu'ailleurs?
"Plus riche!" lance Gisèle
avec plus de notes dedans
et des subtilités
que l'on ne trouve qu'ici.
N'allez pas montrer trop vite votre enthousiasme hein
on n'est pas là pour s'émerveiller
des performances
des chanteurs.
C'est juste
pour rendre gloire
à Dieu.
"Sinon, on chante dans les bringues, aussi, hein! "ajoute Avril
Ecoutez-les toutes
ces chanteuses de tous bords
dans "Instantanés du monde à Hauti" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

samedi 22 novembre 2014

Loin de quoi?

"T'y vas toute seule à Hatiheu?"
qu'on m'a demandé
au petit quai.
"Ben oui, pourquoi?"
"Tu feras attention sur la route, il a plu."
Ah.
J'aime pas trop ce genre de recommandation
sauf quand ça vient
de ceux qui me connaissent
et me prennent pour une dingue
parce que je pars
toute seule.
Bon.
Mais là
c'était pas dit au hasard
sans doute
et j'ai vite compris
en avançant vers la vallée
que les troncs venaient sans doute tout juste d'être poussés sur le bas-coté
et que nom d'un chien
oui
ça glissait.
En arrivant
Yvonne m'a parlé
de la route d'il y a trente ans
"Pas une route-voiture, une piste cavalière. On mettait cinq heures et demi pour venir.
Maintenant, à cheval, on met deux heures".
ça glisse aussi un cheval?
Tient, j'essaierai, la prochaine fois.
Ecoutez la vie dans les vallées marquisiennes
dans "Instantanés du monde, à Hatiheu" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 21 novembre 2014

Les ados

Ils sont en vacances
chez eux
dans la vallée.
D'habitude
ils sont internes
en ville
et ne rentrent que le weekend.
Alors, ils râlent
parce que la vallée
"Côté ambiance, c'est pas vraiment ça".
Comme des ados à la campagne, quoi.
Mais eux
en plus
ils font le ménage à la maison
et sortiront après
quand tout sera terminé.
Et aussi
ils vont à la cocoteraie
le matin
à 7H.
Une fille avoue même un 3H et demi qui fait pouffer les autres de rire
Y'a toujours pire...
Bref
le matin
ils se font piquer par les moustiques
l'après-midi
ils s'ennuient.
Mouais.
Je ne vous dis pas les parties de volley endiablées
que j'ai captées
et les ribambelles de rire
de chants
et autres Tapatapa
qu'ils ont offerts à mon micro.
Ecoutez-les, dans "Instantanés du monde, à Hatiheu" (cliquez ici pour les entendre)
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 20 novembre 2014

Merci Karl

Je l'ai vu partout
cet ouvrage
sur l'archipel des Marquises.
En pages photocopiées
dans les tiroirs des artisans
épinglées au mur
lavées de soleil et de poussière
et là
encore
dans le petit musée
de la vallée d'Hatiheu
reproduit en couleur
en grand
en détails
en témoignage incontournable
d'une époque révolue.
Une banque d'images
de motifs
oubliés
utilisées aujourd'hui
sur le bois
la pierre
le papier
le corps.
Il s'appelle Karl von den Steinen
l'auteur de ces remarquables études
et ses bouquins
sont aujourd'hui
presqu'aussi introuvables
qu'un tiki en vallée.
D'où, les photocopies.
Ecoutez Yvonne l'évoquer, dans "Instantanés du monde, à Hatiheu" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 19 novembre 2014

Paparazzi

Elle est dans le musée
pardon
dans la "salle patrimoniale"
de Hatiheu
cette photo.
J'ai passé pas mal de temps
à éplucher
les mille infos
de ce lieu
à m'émerveiller
devant les objets
et du coup
Yvonne
qui m'accompagnait
s'est assise
sur une chaise en plastique
à l'entrée
m'enjoignant à prendre mon temps.
Mon regard
soudain sorti d'un monde lointain
où les hommes portaient parures d'oiseaux
et capes en cheveux de vieillards
s'est posé
simultanément
sur la photo
et la dame
assise
dans la même position.
Se peut-il?
Oui
oui
oui
dit Yvonne
en rougissant presque comme une adolescente
"C'est mon ancêtre. La dernière Reine de la vallée."
Mais chut
pas la peine de s'en vanter.
Ok
je ne l'ai pas dit
dans "Instantanés du monde à Hatiheu" (écoutez, en cliquant là, et vous verrez...)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 18 novembre 2014

Sous la plage...

On pourrait rester là
à écouter les palmes bruisser
à regarder les gamins
sur leur planche
voire
leur emprunter leur planche
pour voir.
Mais si vous vous asseyez
sur un banc posé là
devant la baie d'Hatiheu
vous aurez de fortes chances
de voir Yvonne
s'y asseoir avec vous.
Et vous raconter.
Ces deux sites

de chaque côté des ailes des montagnes
deux sites tabous
où se tiennent les tikis
montant sur les pirogues
et plongeant
pour indiquer aux pêcheurs
les bancs de poisson.
"Enfin, moi je l'ai pas vu, c'est mes grands-parents qui racontaient ça!"
Alors
la baie
prend
une profondeur
nouvelle.
Bien plus riche
que les arabesque
d'une planche
sur la vague.
Ecoutez ce que vous offre Yvonne cette semaine
dans "Instantanés du monde à Hatiheu" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Un supplément d'âme.
Photographie©Anne Bonneau

lundi 17 novembre 2014

Derrière elle

Que va-t-elle laisser
derrière elle
Yvonne?
Des cailloux!
Car Yvonne est ce genre de personne
qui s'insurge
quand elle voit
dans les musées occidentaux
des trucs
qui poussent
d'habitude
dans sa vallée.
Alors
Yvonne prend sa pioche
et son courage
pour garder
les cailloux
sur sa terre.
Comprenez
sa force de persuasion
pour faire fouiller des archéologues consciencieux
dans sa vallée d'Hatiheu
"Et tout ce qu'on trouve, ça reste ici!"
Histoire de rendre aux villageois
ce qui leur appartient
au fond.
Ecoutez Yvonne Katupa
et son amour du patrimoine
dans "Instantanés du monde à Hatiheu" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 14 novembre 2014

Tant qu'il y aura la mer

On n'en fait plus beaucoup
des pirogues
à Raivavae.
La voiture a pris le relais
ou alors
le vélo.
Mais enfin
si elles ne servent plus vraiment
en transport
de légumes
ou de matériaux
elles voguent encore
pour la pêche.
Et aussi
pour amener les touristes
sur le motu.
Le vieux Rahitiarii semble formel
"On fera toujours des pirogues à Raivavae!"
Des pirogues cousues
propres à cet îlot
et tandis qu'il m'explique
devant lui passent
des rameurs
qui s’entraînent
dans des pirogues
en fibres de verre.
Ecoutez-les, dans "Instantanés du monde, sur les routes de Raivavae" (cliquez ici pour entendre voguer les pirogues cousues)
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 13 novembre 2014

Hiro, mon héros

Est-ce parce qu'il vit juste au-dessous
du Mont Hiro?
Est-ce parce qu'il excelle
dans la fabrication de pirogues traditionnelles?
Est-ce parce que l'horizon est ce qu'il voit
dès que ses yeux s'ouvrent le matin?
Est-ce par goût des histoires?
Ou un peu de tout ça
qui fait que
monsieur Rahitiarii
a une passion
pour Hiro.
Et des rêves aussi.
De construire une pirogue
comme celle du héros.
Et des analyses
sur ses compatriotes
"De grands navigateurs les Raivavae, on peut dire ça"
encore aujourd'hui?
"Oui! on va même jusqu'en Suisse aujourd'hui! Bon, pas en pirogue, mais quand même! On a toujours le voyage dans le sang!"
Ecoutez-le dans "Instantanés du monde sur les routes de Raivavae" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 12 novembre 2014

Kit de base

La pirogue
c'est le kit de base
dans les îles.
Enfin,
c'était.
Avec le cheval.
Fini tout ça.
Tearii le dit
"Il y avait au moins deux trois pirogues dans chaque famille"
Une pour la pêche
une pour aller à la tarodière
une pour aller sur le motu
chercher le corail
pour la construction
et la chaux
une pour la messe.
"On n'allait tout de même pas aller à pied!"
Et maintenant?
En voiture!
Ou
en vélo.
Ecoutez les usagers des routes bleues
et de l'autre
en dur
dans "Instantanés du monde sur les routes de Raivavae" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

lundi 10 novembre 2014

Terre-mer

Sitôt posée
sur ce petit bout de terre

à Raivavae
je n'ai eu de cesse
de vouloir
en faire le tour.
Pas possible
évidemment
et pourtant
rien de plus simple.
En faire le tour
physiquement parlant.
Un vélo
le vent dans le dos
et zou.
suffit de suivre
la route
cette route blanche
en corail
en trous et bosses
en déraillages de vélo
qui obligent
à mettre pied à terre
à s'arrêter
à discuter
à envisager
l'espace

à bâbord
comme autant de plein
une autre terre ferme
un autre espace
et pas juste
de l'eau
du vide
du rien.
Insulaire, enfin.
Ecoutez les histoires
de la terre
et de l'eau
et de leur alchimie
qui façonne
un peuple
à part
dans "Instantanés du monde, sur les routes de Raivavae" ( écoutez l'émission en cliquant ici et vous comprendrez pourquoi la route n'est pas singulière...)
Photographie©Anne Bonneau

samedi 8 novembre 2014

Respect!

Marie-Victoire est une de ces dames
à la peau douce
et qui sentent bon.
Obligée.
C'est pour elle, une tradition
depuis son plus jeune âge
-autrement dit, depuis quelques décennies-
Marie-Victoire a pris l'habitude
de porter
un Umuhei
un bouquet odoriférant
quand elle sort.
"Tu dois porter une bonne odeur quand tu vas au milieu des gens!"
Elle se souvient
des conseils de sa grand-mère
qui lui enjoignait de porter son Umuhei
chaque soir
quand elle sortait
sur la route
avec ses amis.
"Porte ton Umuhei, mais rentre le soir à la maison!"
s'ensuit des souvenirs de prières obligatoires
nombre de Notre Père
de Je vous salue Marie
et d'autres trucs
dont j'ai déjà oublié le nom.
Moins facile à retenir
que
Umuhei...
Ecoutez Marie-Victoire, dans "Instantanés du monde à Atuona" (cliquez ici pour entendre son rire mutin quand elle évoque ses souvenirs d'Umuhei)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 7 novembre 2014

L'art des confitures

Elle me regarde avec un sourire en coin
Tahia
quand je commence à me lécher les babines
lorsqu'elle attaque son ananas.
Une experte en confitures?
Pensez-vous!
Tahia
ce qu'elle aime
c'est confectionner
des Umuhei.
Ces bouquets odoriférants que l'on porte
ici
à Hiva Oa
dans ses cheveux.
Des bouquets aux parfums si raffinés
et si bien accordés
qu'ils peuvent
faire
tourner
les têtes.
On le dit.
Glissées dans une botte de fleurs de tiaré
de feuilles de menthe
de basilic en fleurs
d'ombelles de fenouil
de rubans d'ylang-ylang
de frisottis de fougères
des pointes d'ananas
trempées dans la poudre de santal
assaisonnées d'un jus de gingembre jaune
et aspergées d'une brume
de monoï à la menthe.
"Bon, tu prends ce que tu as sous la main, hein!"
Et encore
dans la liste ci-dessus
je suis sûre que j'oublie des trucs.
Drôlement plus sophistiqué que les confitures
Ecoutez les expertes en Umuhei
et observez l'intelligence de votre mémoire
qui vous monte direct aux papilles
quand on écoute la radio
qui évoque de telles fragrances...
Dans "Instantanés du monde à Atuona" (cliquez ici, et respirez)
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 6 novembre 2014

Prends garde à la douceur des choses...

Il n'a l'air de rien
comme ça
ce petit bouquet
glissé
innocemment
dans un chignon.
Mais
MAIS
mais....
Gaby vous le dit
celui-ci
on l'appelle
Umuhei.
Ce qui veut dire
bouquet
aphrodisiaque.
Les dames qui s’entraînent à tresser des couronnes de fleurs
aux côtés de Gaby et Félicie
s'esclaffent.
Je me fais discrète derrière mon micro
car Siki a enroulé dans mes cheveux
un petit Umuhei
discret
et fulgurant...
Ecoutez les vertus cachées des parfums
dans "Instantanés du monde à Atuona" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 5 novembre 2014

Allez, au boulot!

Tout le monde donne un coup de main ici
chez Siki
quand il s'agit
d'honorer les commandes de couronnes.
Le mari emmène ces dames dans la brousse
pour collecter fleurs et fougères
le fils arrête de faire les yeux doux à sa belle
et enfile les aiguilles
pour sa mère
qui ne voit plus guère
et ça bosse.
De temps en temps on se roule une petite cigarette
et on prend le temps
de montrer aux petits enfants
comment on fait
les couronnes
ici.
"Ben oui, faut partager! Tu vas pas emmener ce savoir-là dans ta tombe!"
rigole Siki
Ecoutez-la dans "Instantanés du monde à Atuona" (cliquez ici pour entendre les réflexions de la dame aux fleurs)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 4 novembre 2014

On en mangerait

Non mais vous imaginez ce parfum?
Celles qui créent
ces colliers éphémères
que l'on appelle ici
couronnes
couronnes de cou
ou
couronnes de tête
celles qui sont à l'origine
de ces savants mélanges
de fragrances
sont
de véritables magiciennes.
"Et ça, c'est seulement aux Marquises, pas à Tahiti!"
revendique Siki
"ça, le basilic, la menthe, y'a pas à Tahiti!"
Tahia hausse les épaules
"Si! Y'en a! Ils la mangent avec les nems!"
On a beaucoup rit
en plus
dans
cette débauche
de parfums
somptueux
avec Siki, Tahia et leur famille
Ecoutez-les tous, dans "Instantanés du monde à Atuona" (cliquez ici pour entendre l'émission de radio)
Photographie©Anne Bonneau

lundi 3 novembre 2014

Deux sœurs en leur jardin

Si Tahia et Siki sont dos au mur
en tout cas
à la falaise
grimpant presto vers l'azur
c'est bien en ce moment
de fête des morts
et autres virées sur les tombes.
Car alors
elles s'activent
à fournir des couronnes
pour honorer les âmes défuntes.
Une incursion dans le jardin
où elles s'alpaguent
pour me faire goûter
qui le fenouil
qui la menthe
qui le basilic
qui l’aneth
et se lancer des questions pièges
"comment on dit ça en français?"
Et après
zou
à l'ouvrage.
Les morts n'attendent pas.
Ecoutez-les, dans "Instantanés du monde à Atuona" (cliquez ici pour vous retrouver illico aux 
îles Marquises!)
Photographie©Anne Bonneau