lundi 29 février 2016

Un pas en avant, deux pas en arrière…

Et si l’on dansait ?
On danse, en Chine
et pas seulement dans les parcs au petit matin. 
Les studios de la ville de Kunming font refléter des milliers de ballerines en tutu : 
dont l’objectif est d’être la plus grande et la plus belle ? 
Pas seulement. 
Le professeur Kong, maître de danse, vous replonge dans l’histoire du Ballet et de la danse traditionnelle chinoise. 
Une histoire qui vous mène directement chez Li Ping Yang, l’étoile de la danse chinoise : 
cette chorégraphe issue d’une minorité ethnique a créé un spectacle avec les chants et danses traditionnelles des minorités du Yunnan.  
Spectacle folklorique 
ou 
ultime solution pour sauver des  civilisations de l’oubli ? 
Pour Ashio
danseuse 
juste le moyen de gagner de sa vie
et pouvoir acheter un buffle 
pour sa famille…
Ecoutez-la, dans "Instantanés du monde à Renmin Lu", à 13H30 sur la1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Menus sentiers, grandes avenues

Jamais elle n'aurait pu imaginer
Kunchok Dolma
lorsqu'elle était petite fille
dans ses montagnes tibétaines
qu'elle serait
un jour
la gardienne d'un trésor.
Si, dans ses rêves peut-être
mais enfin
on sait que les rêves
là-haut
ont tôt fait
d’être balayés...
Alors
comme beaucoup
Kunchok a pris les petits sentiers
pour s'en aller vers une autre vie.
C'est ici en Inde
qu'elle a pu étudier
et se prendre de passion
pour un métier
jamais
imaginé
rêvé.
Couturière pour les costumes des artistes.
Les commandes ne manquent pas
dans les ateliers du TIPA
car c'est sur ce trésor
que Kunchok veille
les vêtements de scène
les interprètes des légendes
les couleurs d'une culture
en péril.
Ecoutez-la, dans "Instantanés du monde dans les hauts de Mac Leod" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 26 février 2016

De la boue entre les orteils, des histoires entre les oreilles…

C’est l’histoire d’un gars, qui s’appelle Victor Hugo et qui n’a jamais lu un livre de sa vie. C’est l’histoire de ce Victor, qui a accumulé tellement de savoirs, tellement d’histoires qu’il les distribue chaque jour à qui veut bien les entendre. C’est l’histoire de ce fou d’histoires, qui ouvre un musée ethnographique, dans son village, histoire que toutes ces histoires d’un monde à demi-disparu ne se dissolvent pas dans nos mémoires menues. C’est l’histoire d’un amoureux de sa terre, qui vous la raconte avec passion et humour, une sorte d’écolo Indien fustigeant le Gouvernement qui fait n’importe quoi, en oubliant la somme d’histoire, la somme de savoir, que des générations de Goannais ont mis au point depuis des siècles…
De la terre, des mots, de la pluie et du temps… Un Instantané vert et acide.
"Instantanés du monde à Benaulim", à écouter à 13H30 sur la1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Cachez tout

Autrefois à Zanzibar
les donzelles arboraient
des kanga colorés
leur cachant corps et tête
et laissant dans leur sillage
des arc en ciel
et des mots d'esprits
car en bas de chaque kanga
est écrite une maxime
de propagande politique
ou des mots d'amour
ou de bon sens
une injonction
ou un peu d'humour
bref
du sens.
Fini.
Aujourd'hui
la mode
c'est ça
le noir dessus
tout le reste
c'est caché.
Ne reste plus
que le parfum
qui flotte derrière
ces femmes
sans sourire.
Car enfin, sourire est une invite.
Ecoutez "Instantanés du monde à Mkunazini" (cliquez ici pour l'entendre)
pour savoir
ce qui se fait
ou pas
ici.
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 25 février 2016

Pinceaux et proverbes

Instantané du monde veut apprendre le Chinois. Comme tout bon écolier respectable, il se doit de s’équiper. Encres et pinceaux, qui, c’est sûr, lui ouvriront la voie d’une grande civilisation… Sauf que les magasins de pinceaux se font rares, et la calligraphie est peut-être une technique qui part à vau-l’eau… Pourtant, quelques amoureux de cet art vous prendront par la main, et traceront avec vous quelques lignes, vous encourageant à découvrir une culture, un art de vivre, une philosophie de vie… A moins que ce ne soit l’économie- florissant marché de l’art chinois- qui parvienne, là encore, à sauver encres, proverbes et pinceaux de l’oubli…
"Instantanés du monde à Wende Lu", à écouter à 13H30 sur la1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

mercredi 24 février 2016

Art et dévotion au parc des joyaux

Impossible de traverser le parc de Norbulingka à toute vitesse, je ne sais pas pourquoi, peut-être est-ce la topographie des lieux ou l’ambiance qui prêtent à la retenue… Cela devrait mettre la puce à l’oreille. On ne passe pas à Norbulingka en coup de vent. Les artistes qui s’initient ici à l’art du Thangka passent un an, juste à regarder, deux ans, juste à apprendre, et juste vingt ans pour maîtriser un art qui engage beaucoup plus qu’un simple coup de pinceau… Cet Eden, refuge des arts traditionnels tibétains en Inde, abrite tout sauf l’égo des artistes talentueux qui le peuplent…
"Instantanés du monde à Norbulingka", à écouter à 13H30 sur la1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Noir ou blanc?

Ici c'est clair
à Zanzibar
c'est blanc
et
noir.
Blanc le premier voile de leur dix ans
et noirs
à l'âge d'être coquette
c'est comme ça
c'est la mode.
Ces petits voiles-là
les gamines jouent avec dans les rues
font les toupies
ça tourne bien autour de la tête.
Bon.
Une jupe à volants ça tourne aussi bien.
En tout cas
ce ne sont pas les scores de foot
inscrits blanc sur noir
dans la rue
qui font tourner la tête
de ces filles-là.
Ecoutez les femmes Zanzibarites
parler des usages et coutumes du voile
mais pas du foot
dans "Instantanés du monde à Mkunazini" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 23 février 2016

Le sable fume

Un ruban argenté coule dans les rigoles de sable, et ressort par les ouvertures aménagées pour chasser l’air du moule. Les gestes des hommes sont sûrs et précis. Des nappes de caramel argentées s’étendent sur le sable noir, qui fume. Rolland brise illico ces débordements. Puis un instant, le temps s’arrête dans l’atelier. Tous observent. Les heures du travail minutieux des hommes sont-elles parvenues à contraindre avec beauté le métal en fusion ?
Vivez une journée avec les fondeurs d'art Mauriciens, dans "Instantanés du monde, à Centre de Flacq", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

lundi 22 février 2016

Les dieux de la terre

Cela fait 800 ans que l’on fait ce métier à Molela. Un métier inspiré par Dieu, lui-même, alors à quoi bon changer ? Pas sûr, pourtant, que les enfants de Dinesh poursuivent ce tête à tête avec les divinités, au quotidien. Immergez-vous au Rajasthan dans ce village de potiers, qui modèlent les divinités des tribus alentours. Et ça nourrit un homme ? Pas sûr… Mais les potiers de Molela peuvent peut-être trouver d’autres supports de désirs pour des acheteurs qui font partie d’autres tribus… Des traditions religieuses au rêve du retour à la terre des urbains Indiens, il n’y a qu’un pas… que franchira, peut-être, le fils de Dinesh, poursuivant alors, l’art de ses pères…
"Instantanés du monde, à Molela", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Du bon usage de la ficelle

Deux ficelles
tendues
sur les murs
d'une ruelle de Zanzibar.
C'est la boutique en plein air d'Hassan.
Le banc maçonné longeant la façade sert d'étal
et c'est parti pour une journée de vente de kanga
ces cotons imprimés servent de voile
aux dames sérieuses de Zanzibar.
Ils servent bien aussi parfois
de paréo
aux occidentales partant à la plage
avec leur mini-bikini-ficelle.
Du bon usage de la ficelle donc,
ils en parlent
dans l'Instantané du monde de la semaine!
Du regard que l'on porte
sur elles
et elles
ça ne manque pas de piquant!
Ecoutez-les dans "Instantanés du monde à Mkunazini" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

dimanche 21 février 2016

Mémoire de la fluidité

Je me souviens comme si c'était hier
de mon premier
sari.
Je suis sûre que toutes celles
qui en ont
déjà
porté
comprennent.
Il y a des vêtements
qui vous font
vraiment
sentir
autre.
Le sari
c'est ça.
Un truc qui vous va à tout coup
et qui vole derrière vous
comme des cheveux longs
même quand on n'a pas
de cheveux longs
magique, non?
Mon amie Kiran pleure ou presque à chaque fois qu'elle met un sari.
Il lui faut trois heures et deux servantes pour le draper
faut dire qu'elle n'en met jamais
elle a les plus beaux saris du monde que je connaisse
mais pour elle
on dirait
que le sari
c'est un calvaire.
Comme vous le voyez
j'aime toujours autant les généralités.
Et vous, vous portez le sari?
Un peu, beaucoup, de temps en temps? Jamais!
Je vous en dit plus
et Sachita Samboo
et Bruno Cunniah aussi
sur les saris
dans "Instantanés du monde, dans les plis et replis d'un sari" (cliquez ici pour écoutez l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

samedi 20 février 2016

Où sont les femmes?

Disparues
les couleurs chatoyantes des saris
petit à petit
dans les villes
et bientôt
dans les villages.
Oh, pas par manque de goût
pour ce vêtement traditionnel
-quoique, en ville, le jean-kurta prend la dessus chez les jeunes donzelles-
non
seulement
par manque
de
filles.
De moins en moins
de filles
en Inde
de moins en moins
de saris.
Problème.
Pour la bonheur des yeux.
Mais pas que.
Evidemment.
Ecoutez Bruno Cunniah évoquer l'effet papillon
et le poids lourd des traditions
dans "Instantanés du monde, dans les plis et replis d'un sari"
ça parait léger
ben...
Ecoutez, vous jugerez, en cliquant ici
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 19 février 2016

De tresses et d’épines

Sur les pentes d’herbes rases de Rodrigues poussent les aloès et les vacoas : végétation aride que négligent souvent les vaches et cabris à la corde… Ressource naturelle dont la famille Léopold tire néanmoins ses revenus depuis quelques dizaines d’années… En rencontrant Marie-Jean, un des membres de cette famille de onze enfants, vous découvrirez l’artisanat du vacoa tressé. Technique, tradition et débouchés économiques sont évoqués. Incursion dans un atelier paisible, récolte sur les hauteurs ventées surplombant le lagon. L’aridité, la sécheresse de l’île Rodrigues permet-elle une activité rémunératrice pour les artisans ?
"Instantanés du monde, à Palissade", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Ananda, Sachita et moi

Une fois que vous avez rencontré Sachita
une fois que  vous avez lu Ananda
promis
vous ne regarderez plus
les saris verts
de la même manière.
Même en plein coeur
du marché aux poissons
de Pondichéry
je ne peux m’empêcher
de penser au roman
à la cruauté sensible et implacable
d'Ananda Devi
je ne peux m’empêcher d’entendre
la lecture qu'en fait Sachita Samboo
je ne peux  m'empêcher
de baisser le volume
que j'aime tant habituellement
des crieuses de marché
pour vous les laisser
écouter
les extraits du roman
l'analyse de Sachita
c'est là
dans "Instantanés du monde dans les plis et replis d'un sari" (cliquez ici pour écouter l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 18 février 2016

Quel bazar!

Tout au long d’une promenade dans les plus anciens bazars de Bombay, dans le quartier de Kalbadevi, Sandhya Merchant, guide passionnée de sa ville, vous fera découvrir l’histoire de ces lieux et l’art de vivre des Bombayïtes contemporains… Du bon usage des douceurs – bétel, mangues séchées et amandes d’Afghanistan- au bon moment pour se ravitailler en soieries, parfums ou bijoux, Sandhya vous dévoile tout ! Vous immergeant dans le grand fief des commerçants musulmans de la mégapole… Comment les Indiens de Bombay passent-ils leur temps ? éléments de réponse, dans cette ballade vespérale… gourmandises, richesses et frivolités !
"Instantanés du monde, à Kalbadevi, à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Une fille convenable


Elle est là
la fille parfaite.
Mariée à temps
à un homme convenable
qui lui offre
une montre en or
des bijoux
(à moins que ce soit sa dot...)
passée au temple avant la promenade
et au bazar
pour avoir les fleurs fraîches
assorties à son sari
moderne
certes
mais piquée de boucle d'oreilles
archi-trad.
Parfaite.
Ne lui manque plus
dans les mois à venir
qu'un ventre rond
habité
d'un petit garçon.
Celle fille-là
sort tout droit
du Kâma-Sûtra.
Des textes du Kâma-Sûtra
pas des images.
Des textes qui disent bien d 'autres choses
que les images
qui laissent
songeur-dubitatif-étonné-énervé, rayez les mentions s'il y en a d'inutiles.
Et écoutez les textes, rappelés par Bruno Cunniah
un universitaire Mauricien,
professeur de féminisme, certes.
Je vous assure qu'il y a de quoi être
songeur-dubitatif-étonné-énervé.
Ecoutez-le ici
dans "Instantanés du monde dans les plis et replis d'un sari"
Photographie©Anne Bonneau


mercredi 17 février 2016

Tisanes, décoctions et fumigations…

Aujourd'hui, rencontrez les fameux guérisseurs de Pemba : dans tous les villages officient ces médecins traditionnels. Ils vous mèneront aussi dans ces boutiques aux allures d’épiceries où sont vendus des centaines de végétaux, pour lutter contre tous les maux ! Une pharmacopée riche et naturelle, qui a su piocher dans les diverses influences des Zanzibarites de passages… Arabe, indienne, chinoise et africaine. Des plantes pour guérir, chasser les mauvais esprits, ou plaire aux hommes, c’est selon…
"Instantanés du monde, à Ng'ambo", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Carapace dorées


Carapace ou prison?
C'est selon.
C'est l'impression que donnent
les saris croisés
dans les allées
de la cathédrale
à Pondichéry.
Du lourd.
De la soie craquante
pas du genre mousseline
du brodé
du broché
du long
qui couvre bien le bout du pied
qui remonte
attention
sur la taille
en cachant
le moindre bourrelet
du pli
qui n'a rien de statuaire
qui ne laisse guère
voir
vibrer
la dame
qui le porte
pas trop serré.
Sari de messe
sari de prière
sari convenable
convenu.
Joli
oui oui
mais un peu lourd.
Beaucoup plus lourd
que vous n'imaginez.
Ecoutez deux universitaires
parler de ces carapaces
dorées
dans "Instantanés du monde, dans les plis et replis d'un sari" (cliquez ici pour découvrir le poids d'un sari de soie)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 16 février 2016

Extase, dévotion et vibrations…

Comment naissent les divinités ? Pour de vrai, pas dans les histoires que l’on raconte aux enfants ! Comme ça. Instantanés du monde assiste à la naissance de Muruga, au temple de Piton Saint Leu, à la Réunion. Comment une statue de pierre devient-elle « un bondié » ? Comme ça. Prêtres et fidèles vous laissent entrevoir le mystère, ils vous expliquent ou tentent de le faire, ils vous invitent à les suivre durant dix jours, à réciter des mantras, à entrer en transe, à vous suffoquer de fumées – seul médium avec l’au-delà…- et à y croire, pourquoi pas ?
"Instantanés du monde, chez Muruga", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

La parade

Que font les donzelles
quand le soleil leur fait
la peau belle
de ses reflets
crépusculaires?
Ici comme ailleurs
elles
se
montrent.
Donnez-moi le nom de votre ville
et je vous dis
sur quelle artère
il FAUT
être
aux dernières lueurs
de la journée.
Ici
à Pondichéry
c'est sur la promenade
in french, yes
qu'il faut faire voler
le pan
de son sari.
ça fait rêver les petites filles émerveillées.
Mais pas que.
Passez la soirée à Pondi avec nous
sur la promenade
en vous glissant
dans
un sari

dans "Instantanés du monde dans les plis et replis d'un sari" (cliquez ici pour écouter le bruit de la soie, dans le vent)
Photographie©Anne Bonneau

lundi 15 février 2016

Promenez-vous, dans le bois…

Vous n’irez pas tout seul. Vous balader à Periyar. Les dangers vous guettent, dans cette réserve, forêt désertée de ses aborigènes, dans le Sud-ouest de l’Inde. Mani, votre ange gardien, guidera vos pas, et vous fera découvrir les derniers habitants de cette précieuse réserve. Au bord de l’eau, les pêcheurs adivasi, anciens braconniers, n’ont pas la langue de bois. Vivre dans la forêt, de la forêt, pour la forêt, une équation complexe que chacun tente de résoudre à sa façon. Avec bonheur.  
"Instantanés du monde, à Periyar", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Du quotidien

Il y a ceux que l'on se transmet
de mère en fille
et même plus loin
craquant comme des gaufrettes
et pliés dans des cotons blancs.
Les saris.
Et il y a ceux de tous les jours
qui sont aussi des saris
et que l'on tord
dans l'eau mousseuse de la lessive
que l'on fait claquer
dans les vents de mousson
que l'on drape
pareil
ou presque
que les saris précieux
légués par celles
qui en connaissent si bien le poids
et la valeur.
Une histoire de mode?
De goût?
Vous voulez rire!
Pour savoir tout ce qui se cache
dans les plis d'un sari
comme désirs
et
comme conventions
écoutez cet "Instantanés du monde, dans les plis et replis d'un sari" (cliquez ici pour entendre l'émission)
et méfiez-vous
des "traditions".
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 12 février 2016

Baleines de corail

A Rurutu, dans l’archipel des Australes, on lève le nez sur les cimes des forêts pour savoir quand les baleines vont arriver. Un sculpteur se promène le regard fixé sur le sable de corail, pour prendre inspiration. Et il part vite se cacher quand se déversent les flots menus de clients qui pourraient acheter ses œuvres. Et pourtant. Et pourtant on adore les baleines ici-bas, et Christian parvient à vivre de sa scie et de son marteau. Des outils qui lui permettent de manger son poï quotidien. Normal, il vit, dedans. Le sculpteur et la baleine, un petit conte de la vie d’ici, à Rurutu.
"Instantanés du monde, à Moerai", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

La tête du client

S'agit pas de se tromper
à Rurutu
porter un chapeau
qui ne vous sied pas.
Un chapeau large bord
si vous êtes mince
un petit bord
si vous êtes enrobé
(ou le contraire, j'avoue que je n'ai pas retenu...)
De toutes façons
on viendra vous le dire
tout de go.
Gisèle m'assure
que les femmes en parlent
à l’intéressée malhabile
de façon tout à fait
bienveillante.
Ah.
Car ici
savoir se vêtir
et se coiffer correctement
est le début
du respect
pour la petite communauté.
Chacune veille donc
à ce que le bon goût
l'harmonie
ne soit pas malmenée.
Tandis qu'elle me parle
Patia Vahiné coud un chapeau.
Avant d'avoir répondu à toutes mes questions
le chapeau finit sur ma tête.
Sur mesure.
De la bienveillance.
Ecoutez les nuances et raffinements 
du bon usage d'un chapeau
sur l'île de Rurutu
dans "Instantanés du monde à Vitaria" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau


jeudi 11 février 2016

Business et tradition

Fermées et interdites durant les années Mao et la révolution culturelle, les maisons de thé chinoises font un retour en fanfare. Sont-elles redevenues ces lieux où la langue est libre de s’ébattre entre arômes de thés verts et vertes diatribes ? Ou la valeur ajoutée culturelle et traditionnelle sert-elle seulement au commerce ? Des brassées de jeunes filles se sont formées pour servir dans ces maisons de thé de tous grades, dans le Yunnan. Se perfectionnant dans l’art du thé tout autant que dans la communication avec les grosses poches venues lui rendre hommage…
"Instantanés du monde, dans les maisons de thé", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau


Le temps de l'abondance

"Il y a tout ici"
C'est ce que m'ont dit
tous les villageois des vallées
des îlots
les plus isolés
des hameaux
les plus dépeuplés.
On a tout.
Du travail?
Tant qu'on en veut! Et plus encore!
Ici aussi
à Vitaria
Patia Vahiné me l'a dit
"Il y a tant à faire! Il y a des cocotiers, des vacoas, des pandanus, des bananiers..."
Tout ce qu'il faut
qui donne de la fibre
nécessaire au tressage.
Et dans ses doigts
dans son imagination
des dizaines de tresses différentes
de motifs
de dessins
pour créer 
tout ce qu'une dame
bien inspirée
et de bon goût
peut souhaiter
de beauté.
Ecoutez-les, louer leur abondance
dans "Instantanés du monde à Vitaria" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 10 février 2016

On vous regarde...

Au milieu du lagon, entre grande Terre et petite Terre, il est là, impossible de le manquer. Bien différent des îlots plats de sable blanc des cartes postales. L’îlot Bouzi est un morceau de la montagne mahoraise. Une forêt descendant jusqu’à la plage de sable gris, piquée de quelques baobabs aux troncs argentés. Des falaises tombant sur les récifs. Pas de parasol, pas de touristes en bikini ni même de pêcheurs dépliant de filets sur les pentes douces d’un rivage. Un petit morceau de terre mahoraise à un regard de la barge faisant la navette entre les deux terres. Une île à part, une sorte de quarantaine où dans les années quarante on gardait à l’écart les malades, dans la léproserie qui n’a pas été détruite. Le seul bâtiment en dur de l’île. Bouzi n’est qu’à 5 kilomètres de Mamoudzou, mais personne ne regarde de ce côté-là. Tous les yeux de la smala vivant ici sont tournés soit vers le ciel, soit vers la terre. 400 regards tendus vers le sol, et un seul, vissé à la cime des arbres...
"Instantanés du monde, à l'ilôt Bouzi", à écouter à 13H30 sur la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Chapeau de paille, paillasson, somnambule

Elles font tout ça
les Mamas de Rurutu
des chapeaux de paille
de pailles devrais-je dire
et de la crème de la paille
comme celle du cocotier
tressée sur des formes de bois.
Et des paillassons
enfin non     
des nattes
qu'on pose par terre
ou qu'on garde précieusement
pour les montrer
lors des traditionnelles "visites"
deux fois l'an.
Et somnambules, elles le sont aussi?
Oui, presque
quand il s'agit d'honorer les commandes
elles ne comptent pas les heures
elles ne voient pas les nuits
la télé reste allumée
à leurs côtés
mais pas question de la regarder.
Le chapeau de paille est la priorité.
Ecoutez-les en parler
dans "Instantanés du monde à Vitaria" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau


mardi 9 février 2016

Divines mélopées

Loin des scènes, des festivals, des projecteurs et des caméras, Instantanés du monde découvre une autre facette de la musique indienne. Là, dans l’ashram du temple de Koviloor, dans le Tamil Nadu. En entrant dans ce majestueux domaine, vous serez plongés dans une discipline d’un autre âge… C’est ici qu’étaient formés les musiciens de temple, rouages essentiels et indispensables au bon fonctionnement de ces institutions, garants du bien-être des divinités et des dévots... C’est ici que viennent apprendre aujourd’hui de jeunes garçons les deux instruments emblématiques de cette région, Nadaswaram et Tavil. Mais qu’est ce qui les pousse à se frotter à cette discipline austère, à se replonger dans des traditions presqu’oubliées ?
Écoutez "Instantanés du monde, à Koviloor", à 13H30 sur la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Causes toujours

Il y en a qui ne se séparent pas de leur téléphone portable
jamais
(si si, je vous assure, y'en a!!!)
ici, à Rurutu
on ne se sépare pas
de son ouvrage.
Sa tresse
son chapeau
on l'embarque
partout.       
Maureen
qui vend des légumes au marché
l'emporte en attendant le chaland.
Si Patia Vahiné a une réunion
elle l'emporte
et écoute celui qui cause
en tressant.
Pas question de rester les mains immobiles.
Bon, ceci dit
Maureen passe de l'un à l'autre
son ouvrage
à son portable.
Qui va gagner, des deux?
à suivre,
dans les années à venir...
Ecoutez-les tresser, causer ( et même chanter!)
dans "Instantanés du monde, à Vitaria" (cliquez ici pour entendre l'émission)

Photographie©Anne Bonneau

lundi 8 février 2016

L’école de l’équilibre


C’est en 1992 que la Française Laurence Estève a découvert l’Afrique du Sud.
Une période où l’équilibre s’exprimait là-bas par la dualité que l’on sait.
Noir ou blanc.
Pas le genre de Laurence, les préjugés quels qu’ils soient.
Elle arrive ici dans les basques d’un ami, qui deviendra son mari.
Ils créent ensemble une école de cirque, ouverte à tous les enfants, gratuite, et sans esprit de compétition. Une école de l’humanité où chacun a sa place, où le partage et la confiance sont les maitres mots. La douleur, les courbatures, la peur du vide et les ampoules aussi. Bref, un monde entier, qui poursuit la mission que Laurence et son mari Brendt lui ont confiée, il y maintenant 20 ans ! Suivez Laurence dans son quotidien, à l’école du cirque, dans cette délicate recherche de l’équilibre propre à chacun…
"Instantanés du monde, au Cap", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Fibre de terre

Je suis arrivée chez Patia Vahiné sans prévenir
comme toujours souvent.
Un chien jaune à la chaîne m'a arrêtée dans ma course
et un monsieur au joli chapeau
haut, avec une tresse de corde
a pris le relais du chien
un maillon
me menant
vers Patia Vahiné.
C'est sa dame
et elle est aux champs.
Alors le petit monsieur m'a fait asseoir sous la véranda
loin du chien
en attendant
d'aller quérir sa belle.
Patia Vahiné est arrivée
en essuyant ses mains sableuses
qui plantaient des salades
et m'a accordé la plus grande des attentions
et les plus beaux éclats de son rire.
Passant des salades à l'atelier
des coqs à l'Anne
avec une grande légèreté
et
disponibilité.
Ecoutez-la
dans "Instantanés du monde à Vitaria" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 5 février 2016

Binat' du siècle dernier



Retour à Kalapet. Monsieur Coumarassamy n'a jamais cessé ses allers-retours entre la Réunion et l’Inde. Entre la dernière région du monde où il a enseigné, et le petit village où l’école a été pour lui une révélation. Une vision de ce qui se passe, de l’autre côté des rizières, au-delà du Golfe du Bengale dont les marées bercent son enfance. Dans les rues de Kalapet, Monsieur Coumarassamy porte la chemise claire et le vechti – le paréo des indiens du Sud. Un mouchoir plié en quatre ne le quitte jamais, au creux de la main. Chaleur et poussière. Mais Monsieur Coumarassamy revient toujours en Inde. L’attachement à la terre natale, aux cultures, peut-être à certaines valeurs… Au fil des années, comme de nombreux Français nés sur le territoire de Pondichéry, Monsieur Coumarassamy a dû, de gré ou de force, quitter son pays.
Juste au moment où l’Inde devenait une grande fille indépendante, Monsieur Coumarassamy lui, atteignait l’âge d’avoir envie de construire sa personnalité française, ailleurs.
"Instantanés du monde, à Kalapet", à écouter à 13H30 sur
la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Risque de dépendance

Il en faut
il en faut beaucoup
dès les premiers jours
de leur vraie vie
de femme.
Entendez
de femme
mariée.
Bon.
Il en faut
des saris
pour la noce
et avant
pour chacune des cérémonies
et après
pour rendre visite
et rendre compte
de son statut.
Il en faut des dizaines
de saris.
Bon.
Je dois vous prévenir
même pas mariée
même sans statut particulier
on a le droit
si si
d’en avoir
envie.
Car c’est comme ça
les saris.
Au début on se dit
ouais bon, un tissu
joli
c’est tout.
Mais quand on commence à en porter
à en choisir
la démesure prend vite
on les veut tous.
Ce qu’il y a de bien
c’est qu’on les porte sans fin
à tout âge
qu’on grossisse
maigrisse
vieillisse
ça va à tout le monde.
C’est une experte qui vous le dit
dans « Instantanés du monde à Moka » (cliquez ici et succombez à la foliedu sari…)
Photographie©Anne Bonneau


jeudi 4 février 2016

Histoire de terre, histoire d’amour


Dans son jardin d’épices, dans une vallée de Mahé, Micheline Georges vit heureuse.
Sur la terre de ses ancêtres, on respire la muscade ou la vanille.
Instantanés du monde se glisse à l’arrière de ce décor trop idyllique pour être vrai : Ici, même les parfums prennent une autre saveur : le patchouli utilisé pendant la guerre, le macis dans les bombes lacrymogènes… La véritable histoire du domaine des épices, par la bouche de sa propriétaire, n’a rien du conte de fée !
Histoire tumultueuse, abandons, efforts et sacrifices, pour un instant de paix au crépuscule.
Quand la terre vous tient…
Cannelle, sueur et cendres, un avant-goût du paradis ?
"Instantanés du monde, à Anse royale", à écouter à 13H30 sur la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Qualité main

Elles frottent
aux petites heures du matin
au Trou d’eau douce
et ensuite
des mètres de tissus colorés
enrubannent les rochers alentours.
Des mètres de sari
ponctués des virgules des corsages assortis.
Pratima fait ça aussi
chez elle
dans les hauts
de Moka.
Des guirlandes de petits cholis
rebondissent en couleurs
sur les mètres de rubans et de galons
qui orneront les jupons
portés sous les saris.
Du soir au matin
et la nuit aussi
Pratima coud
pince
agrafe
ajuste
ces petites merveilles de bonneterie
sur mesure.
Ses jours n’en finissent plus
ses nuits sont longues
Pratima sourit
de voir enfin
comme son ouvrage
colle bien
contre le cœur
de celles
qui les portent.
Ecoutez son enthousiasme
et son amour du partage
dans « Instantanés du monde à Moka » (cliquez ici pour entendre l’émotion)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 3 février 2016

La foi chevillée au corps


C’est jour de fête à Mahébourg.
On célèbre un cavadee.
Un jeûne de dix jours suivi d’une procession qui peuvent paraître cruels aux yeux des non avertis ou des athées cartésiens.
Le front de mer est rose de monde. Rose tyrien, les saris, les longhis, les baillons que les jeunes filles arborent. Tous vibrant de piété dans un soleil insensible au fil des heures.
Insensibles aussi paraît-il les pèlerins choisis par leur communauté dans chaque village : le corps bardé de vels, ces aiguilles d’argent auxquelles sont accrochés des citrons : signe de leur piété, de leur renoncement, de leur spiritualité ; Stoïques ils restent, muets ou presque, la douleur oubliée sous le regard des autres ; les cris des leurs couvrant leurs plaintes lorsque le prêtre perfore mille fois leur peau. Les larmes retenues lorsque le soleil brûle les lames d’argent, le jus des citrons se répandant sur leur corps perforé. L’encens fume, les prières et les chants s’élèvent.
Shenaz Patel est là, à deux pas des préparatifs de Cavadee comme elle en a tant vu dans sa vie de Mauricienne.
Vivez un cavadee aux côté de l'écrivaine Mauricenne, dans "Instantanés du monde, à Mahébourg", à écouter à 13H30 sur la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau

Pas de ça fillette

Il faut le savoir
il y a des fringues
traditionnelles
qui se démodent.
J’en vois qui rigolent.
Je ne parle pas du sarrau
du sabot
de la coiffe
et autre ruban
évidemment
c’est le genre de trucs
qui ne sont plus guère légion
chez nous.        
A propos de légion
y’a bien que les armées
qui ont gardé
les rubans
et la plume
ou presque
mais bon.
Non je vous parle de ces pays
où l’on porte
la même chose
que nos arrières arrières arrières et voir plus arrières encore
grand-mamans.
Le sari.
Un bout de tissu
à draper comme il vous plait
un truc facile
jamais démodé.
Que nenni !
Le sari
lui aussi
se démode.
A vrai dire
c’est même très mal vu
de les porter
deux fois de suite
dans certains milieux.
Alors quoi, poubelle ?
Non
recyclage
en jupe et salwar
pour fillettes.
Ecoutez les usages du sari
histoire de n’être pas complètement has been
à votre prochaine soirée Bollywood
Dans « Instantanés du monde à Moka » (cliquez ici pour entendrel’émission)
Photographie©Anne Bonneau


mardi 2 février 2016

L’atome et le monde


Instantanés du monde se perd en compagnie d’un sage, dans le Kutch. Aux côtés de TC Schroff, vibrant octogénaire, vous découvrirez l’histoire des Kutchis, et le rôle qu’ils ont tenu dans le développement de l’Inde. Vous serez surpris de l’accueil que chacun porte à cet homme plein de bienveillance. D’autant plus surpris lorsque vous apprendrez qu’on l’appelle ici « le Gandhi du Kutch », malgré, ou grâce, à ses activités industrielles? Il faut prendre la route avec TC Schroff, et comprendre alors des valeurs universelles, cultivées ici avec ferveur et intelligence…
"Instantanés du monde, à Bhujodi", à écouter à 13H30 sur la1ère.fr
Photographie©Anne Bonneau



C’est choli

C’est tout petit
ça colle à la peau
ça en laisse voir pas mal
de peau
et ça se porte
dans les pays
à-priori
on n’a pas trop le droit
de montrer
sa peau.
C’est ça
c’est un choli
ce petit corsage
qui sait parfois
se faire bien plus mini
que là
sur la photo
(choli de dames…)
que l’on rétrécit
le plus possible
comme un bikini.
Enfin tout de même moins qu’autrefois.
En fait
autrefois
y’en avait pas.
On portait le sari
direct
sur la peau nue
sans choli.
Mais ça c’était avant l’arrivée des envahisseurs
qu’on appelait alors
colonisateurs
avec leurs manières
différentes
et leur regard
sur la vie
la pudeur
très clairement, différentes
des mœurs
d’alors…
Ecoutez l’histoire du sari et son acolyte le choli
dans « Instantanés du monde à Moka » (cliquez ici pour entendrel’émission)

Photographie©Anne Bonneau