jeudi 31 mars 2016

Escale au temps suspendu

Il appelle ça «le centre du monde »
Henri
le petit quai. 
Il est vrai que l’endroit est stratégique : 
là, 
dans la baie de Taiohae, 
aux Marquises, 
bien à l’abri 
mais prêt à s’envoler. 
Prête à partir, 
tout juste arrivée, 
une faune se mêle au petit quai : 
un snack au bord de l’eau
avec la seule et essentielle prétention de restaurer les corps et les âmes. 
De permettre de reprendre pied 
et de prendre des nouvelles. 
Car tous se croisent et se côtoient sur les bancs
chez Henri : 
marins de passage 
et hommes de la terre, 
filles du vent 
et penseurs aux longs cours… 
Asseyez-vous à côté d’Henri
au petit quai
et dans son sillage vous verrez se dérouler l’histoire du peuple de marins
pas moins.
"Instantanés du monde au petit quai", ça tombe bien, à l'heure de la pause, 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Des claps et des cris

D'abord il y a un gong.
Bon, en fait, dès cinq heures du matin on entend des gongs qui retentissent à Mac Leod
Enfin, je dis cinq heures du matin parce qu'une
nonne m'a dit qu'elles se réveillaient à cinq heures du matin
parce que pour moi
cinq heures
c'est encore le plus profond de la nuit.
Durant ces journées passées là-bas, j'ai appris à ne pas me réveiller au son des gongs des nombreux couvents et monastères de la bourgade...

Mais je m'égare...

 
Donc, il y a un gong
et la tranquillité du temple/monastère/couvent vole en éclats
c'est l'heure des débats de dialectique

sur des textes de la religion
que ni vous ni moi
enfin vous peut-être mais moi sûrement pas
ne comprenons...
Et pas seulement parce que c'est en tibétain.
Bon.
Il y a des gestes fabuleux qui rythment ces échanges critiques affûtant l'esprit
des claquements de mains

des déhanchés
des lassos de chapelet
des moulinets de bras
des cris
à entendre dans "
Instantanés du monde à Mac Leod Ganj"
à comprendre
si l'on trouve le temps
d'aller écouter les grands lamas de l'Institut de Dialectique Bouddhiste.
Pour ça, faudrait se lever un peu plus tôt...
Au son du gong, peut-être?

Photographie©Anne Bonneau



mercredi 30 mars 2016

Divins parfums

Ismaël Randera est un expert en byriani. 
Et aujourd’hui, les parfums sont là. 
Planant au-dessus de la rue Desforges, 
comme chaque samedi après-midi. 
La capitale de l’île Maurice plonge doucement vers son désert dominical, 
sauf ici, 
rue Ramgoolam, 
que tout Mauricien appelle encore de son ancien nom, rue Desforges. 
Qu’un couvercle de deg se soulève et les odeurs d’épices parviennent alors à faire disparaitre de l’atmosphère les gaz d’échappement des bus, tonitruant à cette heure du jour. 
Sur les trottoirs, les vendeurs de byriani se sont installés : 
chaises en plastiques blanc
parasols
et marmites géantes en aluminium
au couvercle scellés par une pâte de farine. 
Ismaël Randera prête un œil
et surtout un nez
de connaisseur
et poursuit son chemin
sans s’arrêter.
Il ne s’agit pas de laisser passer l’heure de la prière.
"Instantanés du monde à Port-Louis", c'est pile à l'heure du déjeuner! (et c'est un peu cruel pour ceux qui avalent juste un sandwich vite fait...)13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Prendre la robe

Il n'est pas devenu moine tout jeune
Namsa Chenmo
le tailleur officiel du Dalaï Lama.
Ce n'est qu'après le flot d'une vie tumultueuse

un mariage
cinq enfants
un départ précipité du Tibet
dans les pas de Kundun
que cet homme aux allures de sage a pris la robe pourpre et safran.
" Tu ne peux pas garder cet art pour toi tout seul, tu dois l'enseigner aux autres"

lui a dit un jour le Saint Homme
lors d'une rencontre
entre plis et surpiqûres.
Namsa Chenmo enseigne alors cette technique si précise

si précieuse
de la couture des vêtements monastiques, aux plus jeunes.
Une forme de prière?
A écouter, dans "
Instantanés du monde à Mac Leod Ganj"
Photographie©Anne Bonneau


mardi 29 mars 2016

Pain chaud, chourisso et huile de coco

De quoi se nourrissent les Goannais
quand ce n’est de musique et de Saudade ? 
 De pao et de chourisso
des pains et des saucisses 
laissés en héritage 
par la colonie Portugaise. 
Si l’on ne parle plus guère la langue des Européens à Goa
on se délecte encore les papilles de leurs produits cultes… 
Quitte à les faire passer 
– par excès de vanité – 
pour des produits… français ! 
Instantanés du monde traîne dans les marché de mousson de Margao à Mapusa
et cueille au passage des histoires de pluies
de goûts
d’habitudes ancrées aux rythme du jour
au gré des repas quotidiens…
"Instantanés du monde à Margao" c'est à 13H30, à l'heure du déj', sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

lundi 28 mars 2016

Petits métiers volatiles, en odeur de sainteté…

Incursion dans un ancien quartier catholique du sud de Bombay. 
Que reste-t-il des psaumes d’antan à Dhobi Talao ? 
Une église
fort fréquentée
et le dernier atelier artisanal de cierges de la ville. 
Tenu par Sharon Fernandes, originaire de Goa. 
Une incursion dans ce savoir-faire
qu’elle pratique avec nonchalance
vous permettra de vous replonger dans les débuts du catholicisme à Bombay
et de découvrir d’autres biens curieux petits boulots
autour de la cire 
et 
du bon dieu…
Au pays des lampes à huile
si la foi fait encore et toujours recette
la tradition se dissous 
dans un joyeux melting pot. 
Œcuménique Bombay…
"Instantanés du monde à Dhobi Talao" c'est à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Indispensables accessoires

A Mac Leod Ganj
dans l'Himachal Pradesh
en Inde
on croise des moines
et des nonnes
à tous les coins de rue.
Je ne connais pas Rome

ni même Lourdes
et pas plus Lhassa ou Jérusalem
bref
pour moi
Mac Leod Ganj est l'endroit au monde où l'on trouve le plus de religieux au mètre carré.
Rouge (bordeaux, pourpre, c'est selon le nombre des années et l'intensité des saisons)

et safran
ce sont les couleurs qu'il FAUT porter là-bas
pour être dans le ton.
Mais aussi, quelques accessoires
Le parapluie
de juillet à octobre
l'état de la rue (oui, c'est la rue de la ville, pas un chemin de traverse dans les hauts!) 

que vous voyez ci-dessus
est le résultat direct de ce qu'offre le ciel chaque année en bénédiction.
Et la lampe torche
ladite rue n'étant pas forcément éclairée le soir

en fait, n'étant jamais éclairée le soir
s'agirait pas de buter sur une mangouste...
Quel pragmatisme!
En vérité en vérité, l'autre accessoire pour vivre à Mac Leod

nettement plus essentiel
est le chapelet
(ou, le joint, selon l'échantillon de population consultée...)
Vous saurez tout

sur la mode à Mac Leod Ganj
enfin je veux dire
ce que portent les moines
dans "
Instantanés du Monde à Mac Leod Ganj"
Photographie©Anne Bonneau


 

samedi 26 mars 2016

De l'équilibre

Deux.
Deux endroits où vivre
avec un océan
entre les deux
passer les eaux
d'un sens
ou l'autre
et être
ici
ou

à Pondi
ou à
Grand Bois.
Colette a décidé comme ça
deux endroits
deux racines
deux pieds
pour se tenir
en équilibre.
Pourquoi diable devoir choisir?
Ecoutez-la
dans "Instantanés du monde à Colas Nagar"
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 25 mars 2016

Saluez et buvez en tous…

Du matin au soir. 
A Zanzibar, le café est une institution. 
Les hommes le boivent à tous les coins de rues
- pas d’établissement spécifique,confiné voire enfumé pour se régaler des petits bols de cette boisson irremplaçable. 
Car le café est, là-bas, beaucoup plus qu’un remontant… 
Véritable ciment social. 
C’est  avec le chercheur et historien Zanzibarite Abdul Sheriff que vous faites la tournée des cafés de la ville, histoire de saisir les subtilités d’un art de vivre
qui pourrait
lui aussi
disparaitre ?
"Instantanés du monde à Malindi" à l'heure du café, 13H30, sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Intérieur, jour

Ce n'est pas à vous
chers mordus
du monde
et des Instantanés
que je vais apprendre
que le monde
n'est pas
(Instantané)
et
ni
noir
ou
blanc.
Et qu'il peut être aussi
d'autres
couleurs
que
le gris
et
les milles nuances
qu'il
suppose.
Bon.
Ni noir ni blanc
donc
et
ni dehors
ni dedans.
Le seuil
les passages
les aubes et autres crépuscules
le pas en avant
la peau
cet entre-deux
du dehors
et du dedans
on parle de tout ça
dans l'atelier de couture
de Colette
à Colas Nagar.
Ce n'est pas à vous, chers amoureux de l'émission
que je vais faire croire
que nous parlons
que
de fadaises
entre filles.
Pas que.
Rejoignez-nous,
dans "Instantanés du monde à Colas Nagar"
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 24 mars 2016

Une autre route du thé

Que faut-il pour que l’Inde avance ? 
Des routes. 
Et du thé. 
Instantanés du monde fait la tournée des échoppes de thé du Kerala
et aussi quelques incursions dans les jardins de thé de cette région. 
Pas de quoi concurrencer les excellences de sa majesté Darjeeling, peut-être. 
Mais là n’est pas la question. 
Le thé est une nécessité dans ces contrées. 
Pour ceux qui le boivent
pour ceux qui le cueillent
qui le racontent ou qui le fabriquent. 
La preuve, en une pincée de rencontres, et forces tasses de thé… 
Une incursion au goût doux-amer…
"Instantanés du monde à Vandipériyar" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Du voyage

Partir, disent-ils
et quitte à partir
pourquoi ne pas partir
vraiment
Tant qu'à changer d'appartement
pourquoi ne pas
aller voir
plus loin
qu'à quelques rues
partir vraiment.
Colette Pounia raconte leur départ
comme un coup de tête
coup de folie
coup de baraka
après une soirée
bien
arrosée.
Que du bluff?
Faut voir...
En tout cas
je la crois
quand elle affirme
qu'il y a peu de risques
au fond
à partir
ailleurs...
Ecoutez cette âme voyageuse
et frondeuse
dans "instantanés du monde à Colas Nagar" (cliquez ici pour partir)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 23 mars 2016

Sur la route du thé aux saveurs de sous-bois…

La route est longue pour arriver à Su Dian. 
Instantanés du monde y arrivera-t-il un jour ?
La route a toujours été longue
dans ces contrées du Sud-Ouest de la Chine. 
Une route qui a donné naissance à un thé très particulier
 le Pu-er
fermentant lentement sur le dos des ânes et des chevaux
le long de cette longue
très longue route du thé… 
Faisant naître des arômes très particuliers
que l’on s’arrache encore aujourd’hui
C’est pour ces parfums de paille
de sous-bois
de cuir ou de champignons que François Xavier Delmas prend la route de Su Dian aujourd’hui
Instantanés du monde colle aux basques de ce chercheur de thé
Découvrira-t-il les fameux théiers sauvages ? 
Pourra-t-il voir la fabrication secrète de ce thé sombre ? 
En apprendra-t-il plus sur les producteurs de cette région reculée à la frontière du Myanmar ? 
La route est longue
mais savoureuse…
"Instantanés du monde à Su Dian" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Du vertige

Le vertige
c'est la sensation
qui peut
vous
jeter à terre
lorsque vous pénétrez
la première fois
dans une boutique de tissus
en Inde.
Trop c'est trop
et comment
enfin
choisir
entre les milliers
de bleus
de roses
de pourpres
parmi les hauteurs de rouleaux
empilés
du sol au plafond?

sur la photo
ce n'est que
l'arrière-cour
d'un temple
de Krishna
et le soleil
et le temps
qui s'amusent
en crescendo
sur les dhotis des dévots.
Colette, elle
a choisi
à Pondichéry
de travailler
le khadi
ce coton brut
et souvent blanc
qui se décline
-plus pervers-
dans un camaïeu de textures de fils
tous
différents.
Du vertige, donc.
A écouter dans "Instantanés du monde à Colas Nagar" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 22 mars 2016

Un nuage dans mon thé

Ici, le ciel frôle les arbustes. 
Le jour se lève. 
A 450 mètres d’altitude, le ciel se voile de lambeaux de nuages lourds. 
Fraîcheur et pointes de pluies : un climat qui réussit aux plantations de thé de Bois Chéri.
Des cueilleuses, toutes des femmes, vaquent dans les buissons leur frôlant la poitrine : Jeune pousse vert tendre à croquer, saisie prestement entre pouce et index ; 
De loin, du haut de la colline, un peigne semble être passé sur une terre fertile
séparant les buissons en parallèle réguliers.
De près, la terre grasse colle aux pieds
les arbustes sont trempés
les branches vous alpaguent au passage. 
Il faut porter des bottes
un tablier
un pantalon
un sac plastique
pour éviter d’être trempé.
Un foulard pour la nuque 
et un chapeau 
contre les répliques du soleil 
sitôt la brume ou l’averse évanouie…
Nettement moins bucolique qu’il n’y paraît d’en haut…
"Instantanés du monde à Bois Chéri" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

De la précision

Les plis tracés
dans l'organdi
du bout de l'ongle
sont aussi
droits
que le regard
de Colette.
Simples
et droits.
C'est un peu l'ambiance
que dégage cet atelier de couture
à Pondichéry.
Justesse et simplicité.
Sans esbroufe
sans éclat
juste
avec
la maitrise
du geste
l'exacte volonté
de la maitresse
des lieux.
Glissez-vous à ses côtés
retenez votre souffle
et écoutez
"Instantanés du monde à Colas Nagar" (cliquez ici pour entrer dans l'atelier)
Photographie©Anne Bonneau

lundi 21 mars 2016

La dernière mouture

On les considère comme le grenier de la Polynésie, 
les îles australes. 
A l’heure du café, 
pas sûr que l’île de Rurutu puisse encore tenir sa promesse de fournisseur officiel… 
Il reste bien quelques plantations de café sur le plateau de Vaionae 
mais les cueilleurs ne semblent pas se bousculer à la tâche… 
Faufilez-vous sous les arbres, 
et vous découvrirez un monde à part : 
celui d’une pincée d’hommes et de femmes 
qui vivent encore du café, 
et qui nourrissent des réflexions sur leur rôle, 
là, 
sur la terre qui les a vu grandir… 
Une plongée dans la richesse savoureuse des habitants de Rurutu.
"Instantanés du monde à Vaionae" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

De l'éphémère

Quand Colette a posé les pieds ici
à Pondichéry
elle a sans doute
retenu son pas
composé
des circonvolutions
pour ne pas
soulever
la poudre blanche
des kollams
marquant
le seuil du jour.
Je ne sais pas.
Je n'étais pas là
à ses premiers pas
sur la terre
de l'Inde.
Ce qui est plus sûr
c'est que les Kollams
se sont immiscés
eux
dans les circonvolutions
dans le chaos joyeux
du cerveau
de cette artiste plasticienne.
Marquée à vie
par ce que la vie
offre
de plus
éphémère
ici...
Ecoutez Colette Pounia parler de "ses" kollams
dans "Instantanés du monde à Colas Nagar" (cliquez ici pour marcher à ses côtés dans les rues encore noyées de crépuscule...)
Photographie©Anne Bonneau

samedi 19 mars 2016

Elles sont jolies?


Elles sont jolies?
C'est la question que m'a posée
Olivier
le technicien qui a travaillé sur les "
Instantanés du monde à Dhaneti"
Elles sont jolies, les brodeuses de Dhaneti?
J'ai réfléchi
et j'ai dit oui
oui, oui, moi je les ai trouvées vraiment jolies
je me souviens des cils de Meera
de leur démarche à toutes
du bruit de leur jupe quand elles passent en silence à côté de vous
des couleurs qu'elles assemblent sur leur vêtements
la jupe
le voile
le corsage
et je me souviens qu'elles étaient vraiment jolies
Non?

Photographie © Anne Bonneau

vendredi 18 mars 2016

Traversée du désert

Connaissez-vous Desa Ma ? 
Une autre forme de la déesse Parvati, dont la monture est une chamelle. 
Bien pratique pour les traversées du désert... 
Desa Ma fait des miracles. 
Ici
dans le Kutch
on le croit. 
Alors, on la prie
et cela donne
de délicieux parcours de vie… 
Quand Raddha Bahan fait dix vœux
Desa Ma les exauce 
et toute la communauté en profite. 
Ecoutez plutôt l’histoire de cet artisan 
devenu Docteur de l’université de Montfort. 
Et de tous ces autres
simplement, liés et nourris par leurs racines plantées au Kutch. 
Miraculeux dans l’Inde du XXIème siècle ? 
A vous de juger !
"Instantanés du monde chez Desa Ma" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Aiguilles and co


Elles piquent à petits points
dans la soie
et dans soi.
Broder, ça va.
Mais se tatouer
alors là
"ça fait mal! ça fait très mal"
A l'aiguille et au noir de fumée
sur les mains, les bras, le cou
"ça fait mal! ça fait très mal"
répète Megiben
tout comme lorsqu'on doit mettre ou enlever ce bracelet, qu'elle porte
en vérité en vérité
on ne le retire pas souvent
ce bracelet d'ivoire.
On le met quand on se marie
on le retire quand son mari meurt
"ça fait mal! ça fait très mal"
et là

on ne sait plus vraiment
de quoi elle parle,
Megiben...
écoutez-la, dans "Instantanés du monde à Dhaneti" (cliquez ici pour l'entendre)

Photographie © Anne Bonneau

jeudi 17 mars 2016

Actions de grâce

Trois jours
trois dieux
et des milliers de fidèles
c’est la trame de cet instantané sur les terres sacrées de l’Inde du Sud. 
Durant trois jours
vous allez
par la grâce de prêtres
de dévots
et de potiers- chevilles ouvrières des festivités- 
 vous familiariser avec le dieu Ayaanar 
et ses comparses
gardiens des villages. 
Il faut participer à cette fête annuelle 
pour mesurer la puissance de la divinité
et la relation que les Indiens entretiennent avec elle. 
De temples en processions
de transes en réflexion
Ayaanar vous deviendra familier. 
A condition d’être prêt à tous les sacrifices…
"Instantanés du monde à Kariapatti" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

La valeur d'une fille

Neeta aime bien aller à l'école
mais on refuse, dit sa mère, à gauche
en fait, elle ne peut pas
il FAUT qu'elle brode 6 heures par jour
pas pour gagner sa vie
non
juste
pour apprendre
parce que c'est la tradition
alors évidemment, comment voulez-vous
qu'elle aille à l'école
si elle DOIT
passer six heures ici!
C'est bizarre pourtant
il y a des traditions qui savent changer
aussi.
Par exemple aujourd'hui
les filles n'ont plus du tout besoin de payer
pour être épousée
par payer, j'entends, apporter une dot
vu que des filles
il n'y en a plus guère
par ici
pas assez
en tout cas
les gars, doivent payer
cher
ça les fait rire, les filles
écoutez-les, dans "Instantanés du monde à Dhaneti" (cliquez ici pour les entendre)
Photographie © Anne Bonneau

mercredi 16 mars 2016

Vœux pieux

C’est lors d’une incursion dans un temple bouddhiste de Kunming, qu’Instantanés du monde se fait dévoiler, avec patience, les usages de la religion en Chine. Que fait-on de sa spiritualité après une révolution culturelle et un chambardement économique ? Pourquoi, comment, les Chinois viennent-ils au temple ? Où en sont les croyances et la foi ? Pour comprendre, il faut quitter la ville et se plonger dans ce cadre minéral et austère, où seules les fumées et les cendres des vœux laissés au bon soin de l’encens apportent un peu de réconfort. Avec le sourire de Kwan Yin…
"Instantanés du monde à Yunatong" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Cascades de rires sur flots de soie


Sérieuse, elle?
Vous plaisantez!
Elle est la première
à vous alpaguer d'un sourire
en vous voyant passer dans la rue
depuis la cour fermée où elle brode
si elle perd son sourire
c'est juste
pour la photo
qu'elle réclame.
Après...
Après, quand il s'agit de causer
avec ses comparses
alors là
c'est rigolade et facéties.
Elle, elle avait trouvé drôle
de choper le fil de mon micro
entre ses orteils!
Et de ne plus le lâcher!
écoutez leurs rires contagieux, dans "
Instantanés du monde à Dhaneti" (cliquez ici pour les entendre)
Photographie © Anne Bonneau

mardi 15 mars 2016

Vieilles pierres et grands festins

Il s’appelle Alphonse
mais son nom marquisien veut dire 
« celui qui allume le feu à trois heures du matin ». 
Cet homme-là
vous le trouvez au milieu de la forêt
dans la vallée de Hatiheu
aux Marquises. 
Occupé à remplir le four marquisien
mais aussi
irrésistiblement alpagué par les pétroglyphes dissimulés sur la moindre roche moussue de ce pays au passé riche et populeux. 
Il faut suivre Alphonse 
dans sa quête de nourritures terrestres ou spirituelles… 
Se tordre les chevilles sur les anciennes plateformes de pierre
se faire dévorer par les moustiques 
jouer à être son prisonnier
et se remémorer ses ancêtres anthropophages… 
Mais se souvient-on encore, aujourd’hui de ces temps enfouis sous la brousse ? 
Suivez Alphonse, sans trembler, et vous saurez…
"Instantanés du monde sur la Tohua Kamuihei" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Temps de cuisson


Elle n'avait sans doute pas que ça à faire, Lakhmi
répondre à mes questions
vu qu'elle attendait des invitées
il y avait à faire, en cuisine
mais enfin
entre l'oignon qui rissole
et les ordres donnés aux filles
on a bien pu prendre le temps
de discuter
un peu.
Et après
on est allé manger
notre gamelle
sur la véranda d'une maison close

-je veux dire, fermée-
avec vue sur les tôles
barrant le désert
avec le vent
à 45°C
alors évidemment
elles nous ont repérées
et conviées
à partager leur repas
à l'intérieur
on a refusé
trois fois

comme il se doit
et puis

accepté.
Et on s'est régalé.
La matinée avait glissée dans les parfums de la cuisine minuscule ouvrant sur la pièce où l'on brode.
Aussi savoureux que leurs conversations
écoutez-les dans "
Instantanés du monde à Dhaneti" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie © Anne Bonneau

lundi 14 mars 2016

Bénédictions, purifications et marketing

Jour de fête au temple hindou de Dhakleshwar 
après des années de négligence
ce petit temple très ancien et très méconnu
reçoit ses cérémonies de purification 
après une rénovation de fond en comble.
Rencontre avec un jeune businessman, 
le directeur du trust gérant trois de ces petits temples 
à l’ombre du grand Mahalakshmi.
Financement
gestion du personnel
et
législation 
c'est son credo.  
Loin de ces considérations matérielles
les prêtres du temple mesurent  la place de la religion dans le quotidien des Bombayïtes aujourd’hui.
"Instantanés du monde à Dhakleshwar" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

C'est nouveau




C'est nouveau, ce village
une dizaine de lignes de baraques
séparées de routes poudrées
c'est le nouveau village
reconstruit après le grand tremblement de terre de 2001
dans le Kutch.
C'est nouveau, aussi
ce que portent les donzelles
ce petit corsage dos-nu.
En fait, ce qui est nouveau
c'est la matière
lycra-polyester
autrefois on faisait les mêmes en coton
tout aussi nu
du dos
c'est nouveau
et c'est pareil
Et pour une fois
aucune censure
n'a mis le holà
pas mal non?
En vérité en vérité
je doute que l'on puisse mettre quelque holà que ce soit
chez ces femmes-là...
Des femmes de tête, qui n'ont pas la langue dans leur poche
ça m'a plu...!
écoutez-les, dans : "Instantanés du monde à Dhaneti" (cliquez ici pour entendre l'émission)

Photographie © Anne Bonneau

dimanche 13 mars 2016

Lassitude et autre blasitude

Voit-on encore la beauté
quand on est tombé dedans
depuis qu'on est tout petit?
En allant en pirogue jusqu'au motu
en traversant un camaïeu plus riche qu'un nuancier Pantone
de bleus 
tous
plus insolents
plus changeants
les uns que les autres
Clarisse souriait
et lançait à l'envi
des "c'est magnifique"
Mais ça
c'était peut-être juste
pour faire plaisir à mon micro.
Après la récolte des coquillages
Gabin et Clarisse se sont posés sur la plage
pas seulement par lassitude
après ce travail laborieux
mais en silence
juste
pour regarder
cette beauté
devant eux
dans laquelle ils vivent
depuis enfants.
Foin de blasitude!
Allez-y, en écoutant, déjà, cet "Instantanés du monde à Anatonu" (cliquez ici pour entendre l'émission de radio)
Photographie©Anne Bonneau

samedi 12 mars 2016

Beauté instantanée

Le temps de se glisser dans la forêt
qui couvre le motu
de cheminer sur un sentier
magnifique
au sol couvert de feuilles sèches
qui font un bruit somptueux sous le pas
le temps de trouver le site
cette petite vallée de corail
où Clarisse vient chercher les coquillages
le temps de croiser un cochon sauvage
poursuivant sa route vers la source
et Clarisse avait trouvé une liane
que machinalement elle avait enroulée
pour se faire une couronne.
La même précieuse nonchalance
qu'elle a 
pour cueillir une fleur d'hibiscus
à piquer dans son chignon.
Beauté instantanée.
Qui lui inspire
ses créations
de tifaifai
ou de parures de coquillages.
Du grand art.
Ecoutez-là parler de sa passion pour la nature qui l'entoure
et pour ce que savent faire
ses mains.
dans "Instantanés du monde à Anatonu" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 11 mars 2016

Une autre capitale de la mode

Quoi de neuf avec l’image de la femme en Inde ? 
A Bombay, 
où l’argent sait aussi, 
couler à flots, 
il y a quelques décennies maintenant que les visages et les corps des femmes indiennes s’affichent dans les magazines, les panneaux publicitaires et les écrans de tous crins. 
Pour mesurer le pas qu’elles ont dû franchir 
pour acquérir cette émancipation, 
rencontrez deux actrices de l’image : 
La rédactrice en chef d’un magazine féminin parmi les plus en vue, 
et une mannequin vedette. 
Elles partagent avec vous leur quotidien
leur regard sur la femme
la mode
et le métier. 
Loin de la « Mother India » en sari, rougissante et le regard baissé.
"Instantanés du monde à Bombay" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Allons à la mer!

Quand Clarisse m'a dit
"demain, je vais ramasser des coquillages
je me suis dit chic
ça va être un peu les vacances!
Les femmes vivent de ça
ici
de la fabrication
des colliers de coquillages.
Alors je m’imaginais
une virée genre
ballade sur la plage
avec les yeux rivés sur le sable.
Yvette fronçait le nez
ne voulait pas y aller
"ça fait mal au dos!"
Je la trouvais un peu délicate.
Evidemment.
On s'est retrouvées le lendemain
sur le motu
dans une sorte de carrière
que Clarisse grattait
pour extraire
le sable
et les minuscules pupus
ces coquillages à collier
dissimulés
dans le corail aggloméré.
Tout
sauf une partie de plage.
Ecoutez-la gratter, dans "Instantanés du monde, à Anatonu" (cliquez ici pour entendre le boulot de dingue qu'est l'extraction des coquillages...)
Photographie©Anne Bonneau


jeudi 10 mars 2016

La femme aux aiguilles d’argent…

Instantanés du monde s’intéresse à la médecine chinoise traditionnelle. 
Et croise trois femmes. 
L’une est au temple. 
On prie cette vénérable dame, Bao Gu, sans trop savoir qu’elle était une des premières femmes médecin de Chine. 
Les femmes viennent consulter la deuxième, Dr Kong. 
La troisième croise les pistes de ces deux-là, et vous mène sur leurs traces, dans les rues de Canton… 
Où il est question de l’art de l’acupuncture, et des usages que l’on en fait de nos jours…
"Instantanés du monde chez Bao Gu" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Marée basse

C'est ça le problème
quand c'est marée basse
il faut descendre de la pirogue
et continuer à pied.
On n'a pas des vies faciles.
Et tout ça pourquoi?
Pour aller bosser!
On n'a pas des métiers faciles.
C'est qu'il y a un peu de distance tout de même
entre l'île et l’îlot.
Et parfois même
il faut écoper.
Énergiquement.
ça fatigue.
Et on arrive
tout mouillés
au travail.
Bon
ça c'est pas un problème
suivez Clarisse et Gabin au motu
et vous comprendrez pourquoi
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 9 mars 2016

L’île, féminin singulier

Elle est une icône
à Rurutu
Mamie Paré.
A 85 ans
cette belle dame a la mémoire aussi vive que la langue bien pendue. 
Les souvenirs de son enfance permettent de comprendre la personnalité des Rurutu : 
une vie insulaire
loin du monde
au plus proche des ressources naturelles. 
A travers les souvenirs de Mamie Paré
vous irez ainsi à la chasse à la baleine
ou dans les soirées où les hommes prennent soin de leur peau… 
Une vie communautaire
qui si elle n’a plus cours aujourd’hui
a façonné la culture Rurutu. 
Et construit la personnalité singulière de Mamie Paré…
"Instantanés du monde à Rurutu" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Amène ta bobine

Elles ne sont que deux
aujourd'hui
autour de l'ouvrage.
Yvette et Clarisse
deux sœurs
à tirer l'aiguille
où autrefois
on se tenait à quatre, cinq, six
autour du tifaifai.
A chanter des chants
 - de messe - précise Yvette
et Clarisse rit en douce.
La plus jeune tente d'enfiler son aiguille
se pose un instant
se lève
trépigne
et part finalement
laissant là Yvette, seule sur son tifaifai.
"Aujourd'hui, coudre en groupe, c'est rare"
La faute à l'impatience?
Non! à la télé!
Ecoutez les deux sœurs papoter au-dessus de l'ouvrage
avec la télé
éteinte.
Je crois qu'il y avait une coupure d’électricité.
dans "Instantanés du monde à Raivavae" (cliquez ici pour entendre l'émission) 
Photographie©Anne Bonneau

mardi 8 mars 2016

Une passionaria de l’environnement, dans la cité mercantile…

Anahita Pandole aime à dire qu’elle est une citoyenne de Bombay 
comme les autres… 
En vérité, la dame se distingue
 –entre autres activités professionnelles de recherche médicale – 
dans l’énergie qu’elle met 
à pourfendre 
les injustices 
et autres inégalité de sa ville.
Son cheval de bataille :
éliminer TOUS les panneaux publicitaires installés en toute illégalité
au mépris de la sécurité
de l’esthétique
des réglementations établies
au prix de centaines d’arbres sacrifiés
d’un environnement pollué à l’extrême. 
Batailles perdues ? 
La dame a autant de répondant que de soutien parmi ONG et hommes de lois dévolus à sa cause…
Que la détermination serve l’intérêt public, c’est le credo, de cette Bombayïte exceptionnelle…
"Instantanés du monde à Azad Maidan", à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Femme à l'aiguille


Si ce n'étaient les feuilles des bananiers
et les palmes
battant la fenêtre
on pourrait se croire
dans une campagne du Nord.
Ne me demandez pas quel nord
un nord du monde
celui qu'il vous plait d’imaginer.
Mais enfin
cette île de Polynésie
Raivavae
aime parfois
à se prendre
pour de plus exotiques contrées: 
de celles où le vent bat
le froid incite à fermer les portes
la lumière se fond dans le vert
et les femmes cousent
à l'abri
en mangeant des marrons chauds
que l'on appelle ici
mapé.
Goûtez à cette parenthèse sucrée et feutrée
avec Clarisse, dans "Instantanés du monde à Anatonu" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

lundi 7 mars 2016

Café, cigarettes et liberté, trilogie sulfureuse de la diva Zanzibarite…

Rencontre avec une légende de Zanzibar. 
Extra-vieille
extra-rebelle
extra-libre
la chanteuse et musicienne Bi Kidude fait figure d’Alien dans la société traditionnelle Zanzibarite. 
De sa gorge monte le son des coraux griffant les vagues de son île. 
Découvrant la musique encore enfant
sur les boutres
dans les chantiers navals
avec les marins Arabes de passage.
Trouvant sa voix en écoutant en cachette la fameuse Siti Binti Saadi
qui n’hésitait pas 
au début du XXème siècle 
à chanter sans voile
à visage découvert… 
Mais là où Bi Kidude exulte
c’est dans l’expression de l’Unyago : 
quand le tambour enflamme ses mains et qu’elle peut époumoner au front des minarets ces chansons lestes destinées aux jeunes femmes…
"Instantanés du monde à Rahaléo" à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

La valeur du point

Combien de points?
Combien d'heures a passé
la grand-mère de Clarisse
sur ce patchwork
que sa petite-fille déplie aujourd'hui avec respect?
On ne fait plus guère ce genre de choses
de nos jours
sur l'île de Raivavae.
Le temps est arrivé ici aussi.
Celui que l'on compte
que l'on mesure
que l'on économise.
Un peu comme
ces bouts de tissus
de fils
qui, mis bout à bout
finissaient
pas écrire
la beauté 
la valeur
de la vie
ici.
Ecoutez Clarisse l'évoquer, dans "Instantanés du monde à Anatonu" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 4 mars 2016

Rythm and bois

Quand les journées de travail sont courtes 
ou réduites à peau de chagrin 
ils tapent. 
A tout âge
ils tapent. 
C’est de famille, cette passion pour le toere. 
 Le père les fabrique
la mère l’enseigne
tout le monde joue ensemble
les enfants recrutent autour d’eux ceux qui veulent se saouler de leur rythme 
à en perdre le temps. 
C’est sur la petite île de Tubuai que vous rencontrerez cette famille au rythme dans la peau. 
Quitte à changer de peau si celle-ci gène aux entournures. 
Quelle place a le patrimoine musical de la Polynésie dans l’archipel des Australes ? 
Peut-il nourrir hommes et femmes sensibles à ses attraits ? 
Peut-il se transmettre sans structures officielles ? 
Posez ces questions à Mario et Brigitte 
et vous entendrez l’écho 
que laisse la musique 
dans leur vie 
et celle de la petite communauté de Tubuai.
"Instantanés du monde à Matarua", à 13H30 sur La1ère.fr
Photographie © Anne Bonneau

Un truc de vieux?

C'est le vêtement emblématique des Tibétaines
la chemise croisée sur la poitrine
la robe chasuble croisée sur les reins
la ceinture croisée sur l'estomac
le tablier
posé
là.
Toutes les femmes, ou presque, le portent
à Dharamsala.
Et Kunchok, couturière en chef
du Tibetan Institute of Performing Arts
le porte aussi
évidemment.
Elle avoue bien-sûr qu'avant
elle portait aussi des jeans
mais là
tout de même
à 40 ans
elle est trop vieille pour ça.
Donc,
hop
elle s'est remise
à la chupa.
Les jeunes les portent peu
à part celles
travaillant dans les Institutions Tibétaines.
Indispensable.
Je l'ai adoptée
la chupa
sans chemise ni tablier
c'est un vêtement super stylé
d'une grande sobriété.
Ecoutez les filles en parler
dans "Instantanés du monde dans les hauts de Mac Leod" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau