mardi 28 février 2017

A ciel ouvert

J’ai l’adresse
de ce quartier musulman de Kunming
où j’avais lu
quelque part
je ne sais plus où
que l’on y trouvait l’une des plus vieilles mosquée chinoise…
Ma guide-interprète m’amène dans un des quartiers les plus moderne de la mégapole
bardé de tours de verres et de centres commerciaux géants.
Tient donc.
C’est là.
Ah.
C’est vrai, c’est là. 
On peut trouver. 
A condition de contourner la voie d’accès aux parkings souterrains
de prendre la ruelle entre les deux building à pied
de traverser trois cours
de suivre un crieur-de-rue-ramasseurs-de-vieux-papiers
qui alpague les clients en s’égosillant dans son mégaphone
le cou tendu vers les vingt étages au-dessus de lui.
Tout à coup, les façades des immeubles affichent des portes en arc outrepassés
des lambrequins
du vert
et de l’écriture arabe.
Nous y voilà.
C’est ici, dans « Instantanés du monde àShuncheng »
Photographie © Anne Bonneau

lundi 27 février 2017

20 ans!

Le Dr Robin Tribhuvan a passé plus de vingt ans
parmi les tribus
de son pays.
Cet anthropologue passionné de médecine traditionnelle
est devenu Chamane
pour comprendre
comment ça marche.
le Dr Tribhuvan a une vie richissime
qu'il partage
avec fougue
c'est le genre de gars
vous lui posez une question
il parle
il parle
vous allez boire un  café
vous revenez
il parle encore.
Sauf que
vous n'avez pas du tout 
envie d'aller boire un café
quand il commence
à dérouler
devant vous
l’extrême diversité
de son pays.
Juste envie d'aller voir
rencontrer
comprendre
aimer...
Il appelle ça
un laboratoire anthropologique
l'Inde.
Photographie©Anne Bonneau

dimanche 26 février 2017

C’est pas permis, ça

J’ai rencontré une interprète, qui ne savait pas vraiment ce que l’on allait faire ensemble
Mais le fait que l’on pose des questions semblait l’inquiéter un peu, derrière son sourire épanoui
Et que l’on enregistre, ah bon, vraiment ?
Mais qui ?
Des gens dans la rue, ah bon ?
Lorsque je propose que l’on commence par le sujet sur la communauté musulmane, son sourire s’évanouit d’un coup
C’est pas permis, ça
Ah bon ?
C’est trop politique, le gouvernement ne sera pas d’accord
Ah bon ?
C’est le mien, de sourire, qui a peine à rester sur mon visage
D'accord, que cela ne tienne, on en parlera ni politique ni religion, mais pourquoi pas de ces petits chapeaux que les musulmanes portent sur la tête ? Ou de l’architecture ? De la nourriture ? C’est permis, ça ?
Bon. Elle consent à m’accompagner, enfin, à essayer d’aller trouver le quartier musulman, dont elle n’a jamais entendu parler.
J’ai l’adresse
Elle connaît pas
C’est pas grave, on y va, pour voir
On aura qu’à demander
C’était pas gagné…
Et pourtant, c'est à écouter, cet "Instantanés du monde à Shuncheng"
Photographie © Anne Bonneau

samedi 25 février 2017

L'argent des femmes

C'est nouveau
à Pembeni
ce village
de l'île de Pemba
au large de Zanzibar.
Les femmes
gagnent
de l'argent.
Leurs pots de terre cuite
elles les vendent
à des marchands ambulants
des gars à bicyclettes
chargées de paniers
où les pots
sont noyés
dans la paille
pour braver
les chaos
de la route.
Le gars passe
les femmes empochent.
les hommes du village regardent.
Oh, ce ne sont pas des grosses sommes
juste
les prémices
de l'autonomie...
Je reviendrais bien
dans vingt ans
pour voir
la suite
de cette histoire...
Ecoutez le début
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 24 février 2017

Et au milieu coule une rivière

ça c'est pas de chance
au milieu
coule une rivière
au milieu
du village Bhil
de Bujra.
Vous me direz
c'est pratique une rivière
sauf que celle-ci
n'est pas toujours
la bucolique que vous voyez
avec ses jolis glissando d'eau
non.
Que la mousson vienne
et la douce s'enrage
arrachant tout sur son passage. 
Empêchant les femmes
de s'y baigner
les enfants de rejoindre l'école.
Les villageois de Bujra frissonnent
à l'évocation de l'onde déchaînée
Photographie©Anne Bonneau


jeudi 23 février 2017

Le jour du devoir

Il n'est pas de dimanche
pas de jour férié
pour les petites filles
de Pemba.
D'abord filer fissa
à la medersa
chaque matin
que Dieu fait
et puis
tracer
sur les talons
des Mamas
aux champs
au bois
aux carrières
de terre.
Les femmes rient
"Elles veillent sur nous!"
les ONG s'insurgent
l’égalité
ville-campagne
n'est pas encore
pour demain.
Demain
il y a medersa
et corvée de bois.
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 22 février 2017

Egalité, vous avez dit égalité?


ça se passe comme ça
chez les Bhils de l'Inde
Hommes et femmes sont quasi égaux
et pour vous dire
comme on est loin
des usages tacites et néanmoins illégaux
de l'Inde
ici
la dot
n'existe pas.
Y'a juste un truc
qui s'appelle
"le prix de la mariée"
Mais c'est le contraire
de la dot
traditionnelle
où les parents de filles s'arrachent les cheveux
les dents
le rein
pour payer la dot
de leur belle.
( mais oui, j'exagère, enfin, pas tant que ça hein...)
Parce qu'ici
chez les Bhils
c'est le gars
qui doit payer la noce.
Vu les beautés qui déboulent à chaque coin de ruelles
ça se défend!!! Non?
Photographie©Anne Bonneau

mardi 21 février 2017

Vie privée

Elle est en train de travailler
Hassina Ali
quand on arrive
à Pembeni.
Pas étonnant
elle travaille
tout le temps.
devant chez elle
entre son logis
et la route poudrée
du village.
Elle veut tout nous montrer
oui mais
pas nous laisser entrer
chez elle.
Elle sort les objets
un à un
fière de son travail
entrebâillant sa porte
et la refermant fissa
dévoilant ses créations
expliquant ses peines
ses espoirs
sa vie
son histoire.
Mais pas
ça
derrière
la
porte
de
bois.
Quoi, ça?
A vous de deviner...
Ecoutez sa voix
Photographie©Anne Bonneau

lundi 20 février 2017

Egalité

Là encore, il faut se lever de bonne heure
parce qu'après huit heures
les habitants disparaissent.
Les femmes aux champs
les hommes sur les chantiers
tous égaux
devant le turbin quotidien.
C'est un trait des tribus Bhils
l'égalité homme-femme.
Comparé au reste de l'Inde.
Ici on boit ensemble
on danse ensemble
hommes et femmes vont chercher l'eau à la pompe
s'occupent des enfants
gèrent le budget ( quand il y a un budget à gérer...) ensemble
et les femmes appellent leur mari
par leur prénom 
et non pas
comme ailleurs
ailleurs
dans l'Inde traditionnelle
sous des formules alambiquées respectueuses
"père de machin, père de truc".
Photographie©Anne Bonneau

dimanche 19 février 2017

Y'a qu'à se baisser

Qu'est ce qu'on peut faire
en terre insulaire
au fin fond
de la campagne
là où les étrangers
ne viennent guère
qu'est ce qu'on peut faire
quand le ciel ne répond plus
à la terre
et que les bouches crient?
A Pembeni
les femmes
font
et vendent
des pots
de terre cuite.
Une petite monnaie
qui permet à peine
l'huile ou les grains.
C'est pas compliqué
disent-elles
le terre est là
sous nos pieds!
A les voir
dans les carrières
que la pluie ignore
piocher en sueur
ce n'est pas franchement
l'idée que l'on se fait
d'un truc
pas
compliqué...
Ecoutez les potières des îles
Photographie©Anne Bonneau

samedi 18 février 2017

De l'utilité

Pas si simple
de rencontrer
les femmes
de Pemba
cette île
petite soeur
de Zanzibar.
Dans des villages
inaccessibles
où les enfants
en vous voyant
s'enfuient
en hurlant de terreur
"Albinos, albinos"!
Bon.
Pourtant
quel contentement
quand on parvient
à s’asseoir
et à causer
à prendre le temps
d'expliquer
de comprendre
d'éloigner
les enfants
et les hommes goguenards
et d'entendre
les femmes
dire
leur plaisir
de faire
de fabriquer
de leurs mains
"ce que les gens ont besoin"
Ecoutez les femmes de Pemba
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 17 février 2017

Sous le paradis

Sous la voute
des arbres
vous êtes au sec
à l'ombre
au frais.
Au-dessus
ça remue
vous n'entendez que le souffle
ténu
du vent
dans les palmes
vous avancez
sur le sentier
assez obscur
et pan
vous tombez
sur quelques sépultures
sur cette île déserte
au coeur
d'un archipel
paradisiaque
du moins, d'allure paradisiaque.
C'est qu'il s'est passé des choses
dans cet archipel
des Seychelles
au fil des ans.
Brendon Grimshaw l'avait appris
en nettoyant son île
quelques sépultures trouvées là
et même
un fantôme
baladeur.
Vous avancez sous la voute des arbres
assez sombre en vérité
et vous filez
un peu plus vite
dans un drôle de silence.
Ecoutez
je l'ai capté
Photographie©Anne Bonneau

N'y allez pas!

On voulait y aller
dans ce village
de la tribu Bhil
dont nous avait parlé
un potier
qui fait des dieux
pour eux.
Eh oui, rien que ça!
Instantanés du monde croisent des gens extraordinaires, que voulez-vous
des gars qui façonnent des dieux, des trucs géants comme ça!
Bref
on voulait y aller donc
sauf
qu'on ne connaissait pas vraiment le nom
et encore moins l'endroit
et que surtout
le chauffeur
avait une peur bleue
des Bhils.
A cinq heures de l'après-midi
tandis qu'on tournait-virait pour trouver
il devenait de plus en plus nerveux
"It's not safe, it's not safe"
Je précise qu'on n'était pas vraiment chez les Naxalites des forêts
mais en plein Rajasthan...
Mais bon
certaines tribus ont cette réputation...
En vérité en vérité
chez les Bhils du Chhattirsgarh
on accueille l'étranger
en lui lavant les pieds.
Mais ça
le chauffeur ne le savait sans doute pas...
On l'a trouvé, le village
et ses habitants
timides et souriants.
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 16 février 2017

Sors ta CB Robinson


Impossible de ne pas le voir
ce panneau qui vous accueille
sur le débarcadère
-entendez la ligne de sable-
de l'île Moyenne.
Mettez les pieds dans l'eau cristalline
levez les yeux
et toc
il vous alpague.
En même temps
quand vous débarquez d'une autre île
de l'archipel des Seychelles
vous êtes au parfum
ici
tout se paie
et bien.
Bref.
A Moyenne vous payez donc
pour poser les pieds.
A qui vont les sous?
Aux oiseaux sans doute.
Ceux que Brendon Grimshaw nourrissait
par sacs de riz entiers.
Ecoutez Brendon 
parler de la gestion de 
son
île
dans "Instantanés du monde sur l'île Moyenne" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 15 février 2017

Le tour du propriétaire

Fatigué
Brendon Grimshaw
ne m'a pas accompagnée
pour le tour du propriétaire.
il m'a laissé les clés
et m'a conseillé
de ne pas me perdre.
Il me connaît ou quoi?
Alors j'ai fait le tour
de son île
Moyenne.
Moyenne
c'est son nom
pas son allure.
Un petit sentier
en fait le tour
bondissant sur les roches
s'enfouissant dans les criques
se jouant des ombres
des assauts de lumière
et de pluie
un sentier
ponctué
de tortues géantes.
Un sentier
gentil
qui fait le tour
et revient
au point de départ.
On peut se perdre.
Si si.
Je vous assure
que ces montées descentes
entre obscurité des palmes
et éclats de sable blanc
vous font perdre
tout sens
du temps
ici
arrêté.
Écoutez la vie qui n'a rien de moyen
dans "Instantanés du monde sur l'île Moyenne" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mardi 14 février 2017

Derrière lui

Il n'y avait que trois arbres
sur l'île Moyenne
quand Brendon l'a achetée
dans les années 60.
Trois arbres
c'est joli
pour un petit dessin
d'île déserte
trois cocotiers
piqués sur le sable.
Pour y vivre
c'est moins bien.
C'est pour ça que Brendon a décidé
d'en planter
des arbres
des milliers
des dizaines de milliers.
Aujourd'hui
l'îlot est une jungle.
Les arbres ont pris
Brendon
lui
est parti
laissant
derrière lui
une terre
accomplie.
Écoutez Brendon
sa voix
vivante
dans "Instantanés du monde sur l'île Moyenne" (cliquez ici pour entendre l'émission) 
Photographie©Anne Bonneau

lundi 13 février 2017

Mon île de rêve

Evidemment
ce n'est pas
le genre d'illustration
qui sied
à l'archipel des Seychelles.
Et pourtant.
je suis arrivée aux Seychelles
sous la pluie
et elle m'a suivie
tout le temps.
Pas un problème.
Du moment qu'on ne craint pas
d'arriver
dégoulinant
aux rendez-vous.
Surtout quand on doit se rendre
aux rendez-vous
en petite barque
car rendez-vous vous avez
avec un millionnaire
exilé 
sur
une 
île
privée.
Et alors.
Tous les jours
il voyait passer 
les grains de pluie
le millionnaire
alors
quel est le problème?
Ecoutez Brendon
parler de sa vie
(une vie qui l’a quittée aujourd’hui)
sur SON île
privée
et pas privée
de pluie
dans "Instantanés du monde sur l'île Moyenne" (cliquez ici pour entendre l'émission)

Photographie © Anne Bonneau

dimanche 12 février 2017

Sa p'tite madeleine

Je ne sais pas exactement
ce qui a tiré des larmes
à la si joviale Kalsang
dans la cour de son école d'enfance...
Les années passées?
Les retrouvailles avec sa "maman" d'internat?
Avec ses copains de classe qui sont profs aujourd'hui?
Ou bien
ou bien
le goût des chips
qu'elle a débusquées
dans la boutique au fond de la cour?
Les chips
c'est ça.
Un petit croc
qui fait remonter au cerveau
tous les fonds de poches raclés
en quête du sou qui manque
l'odeur de ceux qui les croquent
sous votre nez
ou qui les partagent
ou des confidences
qui s'envolent au-dessus du paquet
deux têtes qui se touchent
pour reluquer le fond du sachet
il y a sans doute un peu de ça
et d'autres choses encore
dans le sachet de chips
que Kalsang avale
en parcourant les sentiers
menant de l'internat
aux salles de cours
sur une montagne
de l'Himalaya.
Photographie©Anne Bonneau


samedi 11 février 2017

Enfants du slam

Ce n'est pas du tout la récré
et pourtant
ça en a tout l'air
paroles et musiques
cris
et claquements de mains
et que je t'alpague
et que je te branche
et que je te mouche
de tirades
dont j'ai le secret.
Que nenni.
C'est un cours
encadré comme il se doit
d'une institutrice portant chupa.
L'art oratoire
la dialectique
s'enseigne ici
sous des préaux qui résonnent
de choses qui sonnent
comme des incantations
des poèmes en prose
du rythme
du coeur
du sang
des battements.
Photographie©Anne Bonneau

vendredi 10 février 2017

Sur la langue

Les cours ici
au village des enfants Tibétains
étaient autrefois donnés en anglais.
Aujourd'hui
c'est en tibétain
que l'on apprend les sciences
ou les mathématiques.
On apprend aussi le dranyen
et les contes du pays.
Une institutrice ne manque pas de souligner
que les ados préfèrent tout de même
Bollywood à Milarepa.
Que de bien commun.
En tout cas
ils n'y coupent pas
cours de méditation 
obligatoire
chaque matin.
ça
ça se passe
de mots.
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 8 février 2017

D'où viens-tu?

Ils sont venus
parfois de loin
pour arriver ici
au TCV
le Tibetan Children Village.
Une école fondée par la sœur du Dalai Lama
accueillant les Tibétains d'ici
et de là-bas
ceux qui sont nés ici en Inde
ceux qui viennent encore
de là-bas.
"La plupart des enfants viennent du Tibet. 
Mais après 2008, le nombre d’enfants a considérablement diminué. 
Parce que la frontière entre le Népal et le Tibet est de plus en plus infranchissable. 
Les gens ne prennent plus de risque non plus. 
Il fut un temps où il y avait beaucoup de passeurs – c’était un business, n’est ce pas – les gens emmenaient des enfants.  
Il y avait beaucoup de passeurs entre le Tibet et le Népal, ils prenaient le risque. 
Ils demandaient de l’argent aux parents et ils emmenaient leurs enfants en Inde. 
Mais maintenant il y a beaucoup moins de passeurs, c’est un boulot très risqué. "
Tensung Gyalpo
Photographie©Anne Bonneau

mardi 7 février 2017

Cela s'appelle l'aurore...

Pendant des années je l'ai regardée de loin
l'observant se construire
semblant s'arrêter en plein vol
prenant le temps de se cacher
dans les arbres qui peu à peu l'enfouissaient
mais ne parvenaient pas
à dissimuler aux regards
la sphère qui peu à peu se couvrait de facettes d'or.
Pendant des années elle m'a snobée en fait
énervée aussi.
ça m'énerve quand je comprends pas
ça m'énerve quand je ne parviens pas à avoir accès
à la connaissance
ça m'énerve aussi
quand on m'ordonne
de poser mes savates
bien parallèles
rangées
en ligne.
C'était tout ça pour moi
Auroville.
Comme pour tout le monde.
Une visite très encadrée
(où il faut ranger ses savates l'une à côté de l'autre proprement sans dépasser.... argh!)
très policée
très restreinte.
Normal.
D'où le titre de ce post emprunté à Giraudoux
post qui devient un peu long je vous l'accorde
mais
vous ne regretterez pas d'arriver à la fin
car enfin
parfois il faut
juste
du temps
pour
accéder
à ceux qui vous ouvrent les portes.
Qui attendent aussi peut-être
que vous soyez prêts à entendre.
Claude Arpi vous raconte sa route vers Auroville, la cité de l'aurore
et c'est limpide comme une vie.
Ecoutez, c'est là...



...Comment cela s'appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd'hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l'air pourtant se respire, et qu'on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s'entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
Cela a un très beau nom. Cela s'appelle l'aurore.